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Peste porcine Poursuite des discussions pour la levée de l'embargo russe sur le porc européen

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Les discussions entre autorités sanitaires russes et européennes ont repris, sans succès, afin de mettre fin à l'embargo imposé par Moscou sur la viande de porc de l'UE. La Russie demande que l'UE étende ses mesures de régionalisation alors que Bruxelles souhaite des garanties sur la maitrise de l'épidémie de fièvre porcine en Russie.

LES experts de l'UE et leurs homologues russes ont entamé des discussions le 12 février à Vilnius (Lituanie) pour trouver des solutions à l'embargo imposé par la Russie sur le porc de l'UE suite à la découverte de cas de fièvre porcine africaine en Lituanie fin janvier. Mais les services vétérinaires russes continuent d'estimer que les mesures de « régionalisation » proposées par Bruxelles ne sont pas suffisantes.

Dans un communiqué publié le 7 février, le commissaire européen à la santé, Tonio Borg, qui persiste à affirmer que cet embargo est « totalement disproportionné et contraire au principe du commerce international », a plaidé pour que les autorités russes « s'engagent dans un dialogue constructif sur la question en vue de trouver une solution satisfaisante ». Les restrictions commerciales ont un « impact économique grave sur l'ensemble des opérateurs européens », alors que la maladie n'est présente que dans une zone limitée du sud de la Lituanie, a regretté le commissaire Borg. Il souligne par ailleurs que les deux cas de fièvre porcine déclarés dans l'UE sont liés à l'incapacité des autorités sanitaires russes à contrôler la présence prolongée de la maladie sur leur territoire. Les sangliers infectés découverts en Lituanie auraient en effet contracté la maladie en provenance de l'Ouest de la Russie et de Biélorussie. Et aucune preuve n'a été fournie montrant que la Russie avait pris les mesures nécessaires pour contenir la maladie, souligne Tonio Borg. Si aucune solution n'est trouvée, l'UE envisage de faire appel à une consultation devant l'Organisation mondiale du commerce dont la Russie fait désormais partie.

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Porcs : l'embargo russe met de côté la hausse attendue du prix

«Alors que les négociations s'enlisent entre la Commission européenne et les autorités sanitaires russes, il y a urgence à trouver une solution rapidement », a alerté la Fédération nationale porcine (FNP), dans un communiqué, le 13 février. L'embargo russe sur la viande de porc et les produits à base de viande de porc en provenance de l'Union européenne « provoque depuis début février la chute vertigineuse du cours du porc en Europe ». Selon le Marché du Porc Breton (MPB), « le prix du porc est sous influence directe et indirecte de l'embargo russe ». Le 10 février, le cadran a chuté de 4 centimes soit 5,1 centimes dans la semaine 6. En Allemagne, le cours officiel a chuté de 7 centimes. « La dégradation du marché contraste avec toutes les positions d'il y a 15 jours qui laissaient supposer une hausse des cours en ce début février car les offres manquaient dans plusieurs pays », analyse le MPB, le 10 février. L'embargo russe a été mis en place début février suite à la découverte de quelques cas de peste porcine africaine sur des sangliers en Lituanie.

Pendant ce temps, les autorités russes auraient l'intention de lever d'ici le mois de mars les restrictions commerciales imposées sur la viande de porc en provenance des Etats-Unis. Moscou a décidé de fermer ses frontières, l'an dernier, à la plupart des produits à base de viande venant des États-Unis, du Canada et du Mexique en raison de préoccupations liées à la présence de rac-topamine.