De nouveau soulevé lors de la dernière réunion des ministres de l'agriculture des Vingt-huit, le dossier des pratiques commerciales abusives et déloyales dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire avance au ralenti à Bruxelles. Phil Hogan en parle souvent. « Je n'hésiterai pas à appeler à des changements afin que les agriculteurs ne soient pas acculés à la faillite à cause des pressions sur leurs marges », avait promis au début de l'année le commissaire à l'agriculture. Mais, pour l'instant, reconnaît-il, les différents services de la Commission poursuivent leur « travail analytique », prévoyant seulement de procéder « au début de 2016 » à une évaluation des initiatives existantes au niveau national et de l'UE. Déjà, il y a un an, la précédente Commission s'était contentée d'annoncer d'éventuelles actions de l'exécutif à la fin de 2015, le responsable de ces questions à l'époque, Michel Barnier, recommandant, en attendant mieux, de « renforcer et compléter les initiatives d'autorégulation ». Les disciplines volontaires sont d'ailleurs l'un des thèmes favoris du « Forum à haut niveau de l'UE sur la chaîne d'approvisionnement alimentaire », dont le mandat vient d'être renouvelé. Elles ne peuvent être qu'une partie de la solution, répètent toutefois les organisations agricoles, qui réclament une législation européenne en bonne et due forme pour que cessent « les ventes à perte ». Une demande formulée également par les ministres de l'agriculture de plusieurs États membres. Mais on connaît l'aversion de l'équipe de Jean-Claude Juncker pour la surcharge règlementaire. Et son affection pour la « subsidiarité ».
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