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Prédateurs: la population de vautours prospère

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Le suivi de la population de vautours mené par l’OFB dans le massif pyrénéen « a permis de dénombrer un total de 1254 couples reproducteurs », indique l’office dans un communiqué du 24 novembre. Cet effectif représente une hausse de 51 % par rapport au précédent bilan détaillé datant de 2012. Les vautours français, précise l’OFB, ne sont « que le prolongement d’une population espagnole beaucoup plus importante, estimée en 2018-2019 à 30946 couples ».

Car, de fait, l’histoire du vautour en France est indissociable des pratiques de nos voisins de l’autre côté des Pyrénées. Pendant longtemps, le vautour est demeuré « le collègue des éleveurs français », reconnaît Sébastien Uthurriague, vice-président de la FNSEA 64 en charge du dossier. Mais la fermeture des charniers espagnols ordonnée par le ministère de l’agriculture dès 2007 contre l’avis des associations de protection de l’environnement a poussé d’autres oiseaux à traverser la frontière.

Les chiffres de l’OFB parlent d’eux-mêmes : plus de 80 % des animaux présents en France, soit 1055 couples, nichent dans le seul département des Pyrénées Atlantiques. Les autres sont installés dans les Hautes-Pyrénées (101 couples), dans l’Aude (84 couples), et en Haute-Garonne (13 couples). Si le problème est local, la réponse gouvernementale est en revanche nationale, avec un plan vautour établi à l’échelle de tout le pays sur la période 2017 – 2026. « En jouant nationalement, on dilue la parole des éleveurs. Les réponses aux concertations seraient bien différentes si on écoutait les personnes concernées », soupire Sébastien Uthurriague.

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Comme pour l’ours, ou le loup, les éleveurs estiment aujourd'hui que l’administration présente un recensement des dégâts du vautour « en totale déconnexion avec la réalité », faute notamment de déclaration officielle systématique par les exploitants. Alors que les attaques semblent se multiplier en plaine au printemps sur des ovins ou des bovins en cours de vêlage, le syndicat propose depuis 2019 aux éleveurs de signaler volontairement la prédation. Une trentaine de fiches auraient déjà été transmises au printemps dernier, accompagnées de photos ou vidéos.

Un effectif en hausse de 51% depuis 2012