L’échéance de début février approche : à cette période, le ministre de l’agriculture doit annoncer les grandes lignes du volet français du bilan de santé de la Pac. L’enjeu numéro un (mais pas le seul, loin de là) consiste à savoir comment réorienter les aides européennes vers les secteurs les plus fragiles. La solution de facilité consisterait à dire : « on prend sur les branches les plus aisées pour donner aux plus fragiles en terme de revenu ». Ce n’est cependant pas la solution la plus heureuse en termes politiques. Nul doute que le ministère, de même que le syndicalisme à vocation générale, cherche à présenter cette réforme de manière plus large, remettant tout à plat plutôt que d’opposer les secteurs entre eux. Il ne s’agit pas forcément de prendre aux céréaliers pour donner aux éleveurs. À l’intérieur même de l’élevage, des écarts de situation peuvent être importants. C’est donc sur l’ensemble des secteurs que le principe des prélèvements doit pouvoir s’appliquer, la grande question étant finalement celle du « retour » : on demande à tel ou tel type d’exploitation de faire un effort mais au profit de quel autre type d’exploitation ? Et d’objectifs sociaux ou économiques ?
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À ce titre, la suggestion de plusieurs organisations de définir une franchise pour les petites exploitations peut être intéressante. Pas exactement une franchise de prélèvement, ce qu’interdit, semble-t-il, le règlement européen ; mais l’idée, plutôt, d’une redistribution qui soit différenciée selon la taille des exploitations. Celle-ci pourrait être exprimée en nombre de personnes employées plutôt qu’en nombre d’hectares. Un choix judicieux à l’heure où il nous faut créer le maximum d’emplois.