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Agence européenne Premier bilan de l’EFSA avant son déménagement à Parme

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Un face-à-face entre le directeur exécutif de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA), Geoffrey Podger et une trentaine d’eurodéputés, lors d’une audition le 13 juin à Bruxelles, a montré les limites à l’action de cette agence. Cantonnée à l’analyse et à la communication des risques, l’EFSA ne s’aventure pas dans la gestion des crises sanitaires, du ressort de la Commission de Bruxelles. Au détriment parfois d’une action proportionnée entre risque réel et retrait des produits alimentaires comme lors de la récente affaire du colorant alimentaire interdit Sudan, ont souligné certains députés européens.

L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments ne gère pas les risques et les crises alimentaires.Son directeur exécutif, Geoffrey Podger, l’a répété plusieurs fois devant les députés de la commission environnement et sécurité alimentaire du Parlement européen, le 13 juin. Elle se limite à « l’évaluation des risques et à leur communication», insiste M. Podger. Sudan

OGM, Para red… Il ne fera aucun commentaire sur la façon dont les produits attisent les craintes des consommateurs malgré les questions répétées des députés sur la disproportion des dernières campagnes de retrait de produits. La science, rien que la science ! Beaucoup de science même avec « plus de 200 avis publiés et 400 réunions de travail organisées », affiche avec fierté le directeur.

80 % du temps consacrés à la sécurité sanitaire

Après deux ans d’existence de son agence, M. Podger constate que « 80 % du temps » de ses scientifiques sont consacrés à l’analyse des risques liés à la sécurité sanitaire des aliments (résidus de pesticides, etc.) ; 10% sont passés en « contrôle des facteurs zoonoses » et les 10 % restant sont consacrés à plancher sur des mesures législatives d’harmonisation proposées par la Commission européenne. Et tout ceci avec des équipes – environ 150 personnes – réparties entre Parme et Bruxelles. D’ici à l’automne, les deux tiers du personnel encore présent dans la capitale européenne devront rejoindre l’Italie. Le transfert du siège deviendra effectif le 21 juin prochain lors d’une cérémonie d’inauguration officielle.

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« Avis objectifs » sur les OGM

Plusieurs fois attaqué par les députés européens sur sa gestion des évaluations d’OGM, Geoffrey Podger a expliqué que son agence « veut avoir un avis le plus objectif possible ». Il a souligné que les OGM évalués jusqu’à aujourd’hui « ne présentent pas de risque significatif» même si certaines plantes transgéniques « peuvent faire mieux» en matière d’innocuité. C’est notamment le cas du maïs Bt176 qui avait reçu en juillet 2004 un avis positif de l’EFSA, a-t-il indiqué, ajoutant qu’il espérait que les OGM qui lui seront présentés à l’avenir présentent encore moins de risques notamment en matière de résistance aux antibiotiques. Aux allures de grand oral, cet entretien du chef de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments a fait le tour de la plupart des sujets chauds de l’actualité agroalimentaire. Le boeuf aux hormones ? « J’attendais cette question. L’EFSA révisera sa position s’il existe une demande véritable. Mais veut-on avoir un avis objectif sur ce sujet en Europe aujourd’hui ? », a-t-il lancé en réponse à une question d’une député française inquiète par les mesures de rétorsions dont plusieurs secteurs agroalimentaires font les frais.

« Les allégations présentent des avantages »

Revenant sur les divergences entre le Parlement européen et les États membres sur la réglementation des arguments nutritionnels et sanitaires utilisés pour vanter les mérites des denrées alimentaires, M. Podger a estimé que « les allégations présentent des avantages ». « Il n’incombe pas à l’Autorité de dire si un aliment est bon ou mauvais », mais de s’assurer du fondement scientifique de ces allégations, a-t-il souligné. Mais avec quels moyens ? « Nous mobiliserons les ressources nécessaires pour réussir », promet le directeur de l’EFSA. Pour autant, il l’admet luimême, son agence peine à attirer des scientifiques de « haut rang », renforçant ainsi le scepticisme de certains eurodéputés. Au final, le chef de l’autorité alimentaire européenne a reconnu que l’EFSA devrait chercher à s’ouvrir davantage sur l’extérieur pour améliorer sa communication avec les ONG et les agences nationales et que ses avis soient mieux relayés en Europe.Une évaluation externe de l’EFSA est prévue pour 2006.