Près d'un an après la mise en place du contrat de filière agroalimentaire, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a dressé un premier bilan à l'issue d'un comité stratégique que se tenait le 22 avril. Lancé en juin 2013 par l'ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot, ce contrat de filière vise à fédérer l'ensemble des acteurs du secteur, autour de quelques grands axes stratégiques, tels que l'emploi, l'innovation, ou encore l'export. Corinne Orzechowski, nouvelle déléguée ministérielle aux industries agroalimentaires, va poursuivre le travail engagé par Guillaume Garot avec « l'objectif de présenter fin juin un pacte de responsabilité et d'avenir pour la filière agroalimentaire », a indiqué Stéphane Le Foll.
Le ministre a insisté sur le volet du financement, le pendant indispensable à l'innovation et donc à la croissance et à l'emploi. « Le vrai sujet concerne les gros besoins en investissements », estime Stéphane Le Foll, pour un secteur dont « la rentabilité n'est pas très élevée » a-t-il rappelé. Une partie doit être assurée par l'Etat et la BPI (banque publique d'investissement), son partenaire, « mais le privé doit aussi avoir une part de responsabilité dans le financement de ces investissements », selon le ministre. La médiatrice du crédit doit remettre un rapport d'étape en juin sur l'accès des entreprises aux prêts bancaires. BPIfrance a déjà débloqué 161 millions d'euros en faveur de 173 entreprises du secteur en 2013, soit 28% de plus qu'en 2012 et +85 % par rapport à 2011. Rappelons que les financements du ministère de l'Agriculture dédiés aux industries agroalimentaires s'élèveront à 100 millions d'euros sur la période 20132015.
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Les syndicats présents à ce comité stratégique étaient plutôt satisfaits de la teneur des débats. « Le dossier agroalimentaire est bien suivi, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé », estime Philippe Soulard, secrétaire national à la CFTC-CSFV en charge de l'agroalimentaire et du suivi des négociations. Et ce dernier de souligner que certains métiers ont été stigmatisés à tort et qu'une impulsion politique est indispensable pour faire évoluer les choses et donner envie aux jeunes d'aller vers ces professions. Le contrat de filière s'est engagé sur 15 000 créations d'emplois sur 3 ans.