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Légumes/Résultats Premier semestre très décevant pour Bonduelle

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Le groupe Bonduelle doit réviser un peu à la baisse ses objectifs pour l’exercice 2004-2005 dont les six premiers mois ont été nettement décevants. La situation déprimée de la consommation en Europe de l’Ouest, les baisses Sarkozy, le déficit de la société Vita acquise en Allemagne et l’impact négatif des changes ont ralenti la croissance et dégradé la rentabilité. Le groupe prévoit quand même de regagner deux points de rentabilité sur le second semestre.

Pour le premier semestre de son exercice 2004 – 2005, le groupe Bonduelle a réalisé un chiffre d’affaires de 688,1 millions d’euros en progression de 2,1 % en tenant compte de l’intégration de Vita, le leader allemand des salades vertes en sachet. Mais à périmètre et change constants, l’évolution est négative de -1,9 % du fait de la faiblesse du dollar et de l’appréciation des monnaies polonaise et hongroise. Le résultat d’exploitation (26,9 M EUR contre 32,5 M un an plus tôt) est également en baisse en termes réels alors qu’il aurait été en hausse à périmètre et change constants pour s’établir à 34,7 M, soit 5,3% du chiffre d’affaires (contre 4,8 % au premier semestre 2003).

Cette croissance du chiffre d’affaires inférieure aux prévisions a été fortement pénalisée, la grande consommation étant même en déflation dans certains pays européens. En France, pays représentant encore près de 50% des ventes du groupe, l’« accord Sarkozy » a obligé les industriels à baisser leurs prix de vente de 2% dès septembre sur les produits à leurs marques, mais sans effet de relance depuis lors. Pour sa part, le groupe estime y avoir perdu 500 000 euros de rentabilité.

Bien que présent sur tous les circuits de distribution (grand public et RHD), dans toutes les technologies de transformation du légume (conserve, surgelé et frais élaboré), sous toutes les marques et dans tous les pays européens, notamment ceux d’Europe Centrale et Orientale où la consommation reste élevée, Bonduelle n’en a pas moins subi les conséquences de cette consommation atone.

Vita plus déficitaire que prévu

Par ailleurs, sur le plan de la rentabilité, l’intégration de Vita a eu un impact négatif, cette société s’étant avérée plus déficitaire que prévu : son plan de redressement (synergies achats, restructuration de l’ensemble des sites, rationalisation des gammes, lancement de la marque Bonduelle), instauré depuis octobre et visant la rentabilité à l’horizon 2006, ne portera ses fruits qu’à partir du second semestre, précise le groupe. L’effritement constant du dollar et l’appréciation des monnaies des pays d’Europe Centrale par rapport à l’euro, notamment en Pologne et Hongrie, pays dans lesquels Bonduelle produit des légumes en conserve et surgelés pour l’exportation, ont également pesé sur la rentabilité d’exploitation qui s’établit à 3,9% du chiffre d’affaires contre 4,8% pour la même période du précédent exercice.

Le résultat net part du groupe du premier semestre apparaît ainsi en baisse de 16% à 12,7 M EUR contre 15,4 M un an plus tôt, alors qu’il aurait atteint 20 M EUR à périmètre et change constants.

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Poursuite des innovations

Le groupe Bonduelle continue sa stratégie d’innovations majeures. Après les lancements réussis de gammes de conserves de légumes en briques Tetra Recart™ sur les marchés italien, allemand, français, belge et néerlandais, il vient d’investir les linéaires des produits frais en libre service avec des soupes de légumes en bouteille (suivies de soupes fraîches d’été) et des salades traiteur en emballage operculé ; il lancera aussi des cakes de légumes, ainsi que des garnitures pour sandwiches (déjà référencées via Sodebo dans le réseau Shell sur autoroutes). Ces toutes nouvelles gammes de produits remportent d’ores et déjà un vif succès en France. Sur le marché de la 1ère gamme, le test lancé mi-janvier dans 90 magasins obtient des taux de rotation prometteurs et le groupe compte se prononcer en juin sur l’élargissement d’une telle expérience.

Rationalisations industrielles

Sur le plan industriel, avec la fermeture, au premier semestre de l’exercice, de l’usine italienne de salades de 4e gamme à Peschiera, Bonduelle poursuit sa politique de rationalisation. Il annonce aussi le transfert de l’activité de production de l’usine de Flaucourt (Somme) vers celle toute proche d’Estrées, Flaucourt devenant en 2006 un simple site de conditionnement et plate-forme logistique.

D’autre part, dans le cadre d’une réorganisation de la filière du maïs doux dans le Sud-Ouest, le groupe vient, on le sait  Cf Agra alimentation n° 1 879 du 7 avril 2005 page Une, de renforcer son alliance avec ses partenaires coopératifs (Euralis, Maïsadour et Vivadour) par la création d’une société commune, Unisol.

Enfin, les débuts très prometteurs de l’usine de Krasnodar en Russie lors de sa première campagne de production de maïs doux et de pois ont permis de décider d’ores et déjà un accroissement de 50% de ses capacités de production.