Il a fallu attendre le référendum du 29 mai sur le projet de Constitution européenne pour assister au premier face-à-face entre José Bové et Jean-Michel Lemétayer. De nombreux journalistes du monde agricole en avaient rêvé, c’est Europe 1 qui l’a fait.

Le leader de la FNSEA, à la tête de la grande maison depuis 2001, et le co-fondateur de la Confédération paysanne, médiatisé depuis l’été 1999, auraient eu, toutes ces années, bien d’autres opportunités de débat.

Il n’empêche, c’est le sujet particulièrement complexe de la Constitution européenne qui les a réunis. Ce n’est pas un scoop : José Bové et la Confédération paysanne appellent à voter non et Jean-Michel Lemétayer plaide pour le oui. Le non agricole au projet de Constitution européenne semble bien ancré dans les campagnes, même si le oui progresse. 59 % des agriculteurs sondés par Ifop du 10 au 14 mai voteraient non au référendum contre 69 % près de deux mois plus tôt.

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Dans ce contexte, le débat fut vif, agrémenté comme il se doit par de phrases assassines et remarques sarcastiques. « On n’a pas gardé les vaches ensemble ! », a lancé le producteur de lait Jean-Michel Lemétayer face au tutoiement de José Bové. Ce dernier a qualifié de « bonne nouvelle ! » le fait que Jean-Michel Lemétayer dise ne pas « coller la politique de la FNSEA à celles des céréaliers »...

Sur le fond, nos deux hommes ne sont d’accord sur rien, ce qui est dans l’ordre des choses. Seul terrain d’entente, le budget agricole de l’Union et le retour de 8 milliards d’euros vers la France. Pour les syndicalistes, la règle du 1 % du PIB que plaide le club des « radins », dont la France, ne suffit pas. Il faut 1,14 %. L’argent a le pouvoir... de mettre tout le monde d’accord.