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Les producteurs laitiers néo-zélandais, propriétaires de leur coopérative, étaient amenés, ces derniers jours, à voter sur le projet de changement de statut de leur société pour laquelle la direction milite depuis de nombreux mois. Le projet controversé appelé Trading Among Farmers (TAF) doit permettre aux coopérateurs d’échanger librement leurs parts sociales entre eux, sans passer par Fonterra. Il prévoit également une ouverture partielle du capital à des acteurs non membres de la coopérative. La première résolution soumise aux 11 000 coopérateurs qui ont voté en masse, à plus de 80%, et qui proposait le libre échange des parts sociales entre adhérents a recueilli 66,45% des suffrages, alors que la majorité simple de 50% était nécessaire.
Réticences pour l’entrée de nouveaux investisseurs
La seconde proposition qui visait à un réel changement constitutionnel et exigeait une adhésion de 75% des votes n’a réuni que 72,8% des suffrages. Cette disposition prévoyait de créer un Fond d’actionnaires (Fonterra shareholders’ Fund) ne pouvant rassembler plus de 20% des parts de la coopérative (un précédent projet prévoyait même 25%) mais ouvert à des porteurs non coopérateurs. Ils seraient ainsi éligibles à percevoir les dividendes résultant des bénéfices générés par la coopérative. Celle-ci a donc été repoussée, mais le président de Fonterra, Sir Henry van der Heyden a indiqué lors de l’assemblée générale extraordinaire du 25 juin, présentant les résultats du scrutin, que cette motion serait proposée de nouveau lors d’une prochaine assemblée en novembre. Il a de nouveau défendu ce projet, estimant que les résultats du premier scrutin étaient une marque de soutien au TAF qui permettra selon lui « de donner à la compagnie une stabilité capitalistique permanente pour mettre en œuvre son projet Strategy Refresh » et conforter sa place de leader mondial de l’exportation, des produits laitiers. Les opposants au projet, dont Lachlan McKenzie, ancien président du syndicat Federated Farmers, estiment que ce projet privera les éleveurs d’une partie des bénéfices tirés de l’exportation de 10 milliards de dollars par an au profit d’investisseurs non fermiers et aboutira immanquablement à l’arrivée d’investisseurs non nationaux, visant sans les hommes, les intérêts chinois. La direction de Fonterra fait au contraire valoir que cette nouvelle donne du capital permettra à la coopérative de se développer encore davantage à l’étranger et permettra d’amortir les aléas conjoncturels sur les cours quand ils sont défavorables.
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