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Formation Première rencontre entre Stéphane Le Foll et l’enseignement privé

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L’enjeu de la rencontre entre le ministre de l’Agriculture et le Cneap, le 5 novembre, était de faire entendre la voix de cette branche de l’enseignement privé agricole, à un ministre qui veut porter une ambition forte pour l’enseignement, mais qui, tropisme socialiste oblige, donne la primeur au public.

Quelle place un gouvernement socialiste peut-il donner à l’enseignement agricole privé, quand il dit souhaiter accorder à la jeunesse la priorité et sachant que cet enseignement privé accueille 63% des élèves et représente 73% des établissements ? Qui plus est dans un contexte de restriction budgétaire ? L’équation est posée, et la réponse désormais demandée à Stéphane Le Foll. Le 5 novembre, des représentants du Cneap, le Conseil national de l’enseignement agricole privé (1), ont été reçus par le ministre de l’Agriculture, pour la première fois depuis son entrée en fonction, même si des contacts avaient été établis avec le ministère. Etait présente également la nouvelle directrice générale de l’enseignement et de la recherche, Mireille Riou-Canals.
C’était « un bon rendez-vous, assure Philippe Poussin, secrétaire général du Cneap. Nous avons été satisfaits du contact humain avec Stéphane Le Foll. »

« Rupture d’équité » selon le Cneap

Tout en saluant la volonté du ministre de soutenir l’emploi dans l’enseignement agricole, le Cneap a fait part de ses préoccupations. D’abord, en dénonçant une « rupture d’équité », quant aux ouvertures de postes. Les 100 emplois promis et créés à la rentrée 2012 ont été affectés au public. En 2013, il est prévu que 140 soient créés dans le public et 60 dans le privé. Un rapport 70/30, alors que le privé agricole a supporté 45% des destructions d’emplois liés à la Réforme générale des politiques publiques contre 55% pour le public, plaide le Cneap. Des chiffres que le ministre a dit découvrir.
Deuxième sujet qui fâche le Cneap : la revalorisation de la subvention de fonctionnement. Elle est recalculée tous les cinq ans, sur la base de l’évaluation du coût d’un élève du public, réalisée grâce à une enquête de l’inspection de l’enseignement. Les résultats de cette enquête conduite au printemps 2012 n’ont pas été divulgués, regrette Philippe Poussin. Le Cneap s’inquiète de ce que le projet de loi de finance pour 2013 n’évoque pas le sujet, « ce qui signifie qu’il y a non-revalorisation. Nous ne pouvons pas l’accepter », pose Philippe Poussin. En toile de fond, le débat sur le coût des élèves dans le public et dans le privé, la subvention financement des établissements privés étant alignée sur la première. Après cette rencontre avec le ministre, un rendez-vous avec Mireille Riou-Canals a été sollicité et devrait se tenir d’ici à deux semaines.

(1) les établissements du Cneap accueillent 48% des élèves de l’enseignement agricole privé

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