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Première vendange de cépages de cognac résistants candidats à l’inscription

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Le 13 septembre a commencé la première vendange expérimentale de quatre cépages de cognac remarqués pour leur résistance au mildiou et à l’oïdium, et candidats à l’inscription au Catalogue des variétés. C’est ce qu’ont présenté, le 12 septembre, le Bureau interprofessionnel du cognac (BNIC) et l’Inra lors d’une journée de presse. Ces quatre cépages sont la première génération prometteuse, qui sera suivie d’une seconde génération de cépages, pour le vignoble à l’horizon des années 2030 et 2040.

Quatre cépages résistants au mildiou et à l’oïdium ont été sélectionnés parmi une famille de 43 co-obtentions BNIC-Inra conduites sans aucun fongicide depuis 2012. Leur inscription est prévue entre 2020 et 2022, pour généralisation dans le vignoble au début des années 2030. Ces travaux de recherche ont été lancés en 2003 à la station viticole du BNIC. « De la même façon que nos prédécesseurs du XXe siècle ont implanté le cépage Ugni blanc (le cépage majoritaire du cognac), notre génération mène l’expérimentation des cépages sans fongicides, et les deux suivantes mèneront leur implantation », a déclaré Jean-Bernard de Larquier, président du bureau interprofessionnel et viticulteur.

Une recherche initiée dès 2003

En 2003, des croisements intégrant 50 % de parenté d’Ugni blanc ont été réalisés par l’Inra. En 2005, le chercheur de l’Inra Alain Bouquet a proposé l’expérimentation en Charente de deux obtentions résistantes afin de tester leurs caractéristiques pour la production d’eau-de-vie de cognac. Les croisements spécifiques pour le cognac ont conduit à l’obtention des 43 cépages, sur lesquels quatre ont été retenus comme prometteurs. Parallèlement, une nouvelle génération de cépages résistants intégrant cette fois plusieurs gènes de résistance est sur les rails, pour inscription vers 2030 et généralisation dans le vignoble, avec les mêmes profils aromatiques que le cognac actuel, à la fin des années 2030.

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Défi du cognac des années 2030 et 2040 : garder un profil aromatique attractif

Après cette première vendange de 2017, au moins deux autres seront nécessaires pour confirmer leur aptitude à produire des vins adaptés à la production de cognac. Car si le défi consiste à se passer quasi complètement de fongicides, il est impératif aussi que le cognac ne perde pas son profil aromatique. Le cognac ne peut décevoir sa clientèle. Jean-Bernard de Larquier a rappelé que la filière du cognac exporte 98 % de sa production. Le premier débouché est celui de l’Amérique du Nord (82 millions de bouteilles par an), suivi par le marché asiatique (Chine, Japon, Malaisie, pour 57 millions), puis l’Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Russie, pour 36 millions) et enfin les pays de l’hémisphère australe (Afrique du Sud, Australie, pour 13 millions de bouteilles).

Il faudra trois vendanges pour confirmer leur aptitude à produire des vins adaptés à la production de cognac