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Effet de serre Préparer « l’après-Kyoto »

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La lutte contre le réchauffement de la planète nécessite de négocier de nouveaux engagements de réduction des gaz à effet de serre, a affirmé le Premier ministre Dominique de Villepin le 14 novembre lors de la première réunion de suivi du plan français, le Plan Climat. Objectif : préparer « l’après-Kyoto » à compter de 2012.

En ratifiant le Protocole de Kyoto, un certain nombre de pays industrialisés, dont l’Union européenne, se sont engagés à réduire d’au moins 5% leurs émissions de gaz à effet de serre pour la période 2008-2012, par rapport à leur niveau de 1990. Si la démarche va dans le bon sens, elle n’est cependant pas suffisante. Les pays qui ont adhéré au protocole ne représentent que 30% des émissions de gaz à effet de serre, rappelle Denys Gauer, ambassadeur à l’environnement au ministère des Affaires étrangères. Et « même si on arrêtait du jour au lendemain toute émission de gaz à effet de serre, on aurait encore devant nous (au XXIe siècle, ndlr) un réchauffement équivalent à celui du XXe siècle », précise Jean Jouzel, membre de l’Institut Pierre Simon Laplace.

- 1% en France

D’où l’importance d’échafauder un cadre international pour l’après-2012. Sur ce point, Dominique de Villepin a affirmé qu’on ne pouvait compter uniquement sur le développement de nouvelles techniques pour atteindre les objectifs de lutte contre l’effet de serre : « La mobilisation internationale est indispensable ». « L’effet de serre est notre priorité en matière environnementale », a poursuivi le Premier ministre. Jean-Claude Gazeau, le président de la mission interministérielle de l’effet de serre, s’est d’ailleurs félicité que les émissions françaises de gaz à effet de serre soient en retrait de 1% en 2004, par rapport à 2003, selon les estimations présentées le 14 novembre.

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Le rendez-vous de Montréal

Sur le dossier, la France entend « pousser à la roue » du 28 novembre au 9 décembre lors de la conférence des parties au protocole de Kyoto réunies à Montréal. La diplomatie y sera reine, « sans forcer la négociation » pour ne pas braquer les différents acteurs, précise Denys Gauer. « Le meilleur résultat serait une déclaration politique où tous les pays s’engagent à aller plus loin, à compter de 2012, pour lutter contre les gaz à effet de serre », explique-t-il. Il y a urgence, insiste le scientifique Jean Jouzel : « La dernière décennie a probablement été la plus chaude du dernier millénaire» et selon le dernier rapport d’évaluation du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la température moyenne de la planète devrait augmenter de 1,4°C à 5,8°C d’ici 2070 à 2100. A l’échelle de la France, poursuit Alain Ratier – le directeur général de Météo France –, cela se traduirait par des épisodes caniculaires plus fréquents et plus longs en été, associés à des pluies plus intenses et plus fréquentes en hiver.

Forêt alsacienne

Au chapitre des annonces, le Premier ministre a indiqué qu’il signerait « dans les tout prochains jours» avec la région Alsace, un contrat de développement des énergies renouvelables, notamment issues des ressources forestières. Autre nouveauté : le Premier ministre entend soutenir l’énergie solaire photovoltaïque « en augmentant de 50% le tarif de rachat de l’électricité aux particuliers, en le doublant pour les installations collectives, tertiaires et industrielles ». Par ailleurs, en matière de biodiversité, la ministre de l’Écologie présentera le 23 novembre les 7 premiers plans d’action de la stratégie nationale du même nom. Le chef du gouvernement a enfin annoncé la mise en place « très prochaine » de « l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail ».