Le budget de l'UE consacré au développement rural contribuera d'ici 2020 pour 1,6 à 2 milliards € au déploiement des réseaux de communication à haut débit, estime la Commission européenne. Selon elle, l'avenir de l'agriculture dépend en grande partie du « droit aux connexions internet rapides ».
Quelque 21,4 milliards € seront consacrés d'ici 2020 par les cinq Fonds structurels et d'investissement de l'UE aux technologies de l'information et des communications, dont environ 6,4 milliards € pour financer le déploiement de la large bande à haut débit, a souligné Phil Hogan lors d'un séminaire sur les « problèmes de communication dans les zones rurales » organisé le 18 juin à Ingliston (Écosse). La contribution estimée du Fonds européen pour le développement rural s'établira « entre 1,6 et 2 milliards € », a précisé le commissaire à l'agriculture, rappelant que l'un des objectifs de la « Stratégie du marché unique numérique » de l'UE – dossier qui devait être abordé par le sommet européen des 25 et 26 juin à Bruxelles – est de combler l'écart existant dans ce domaine entre les zones urbaines et rurales. Le soutien de l'UE sera complété par d'autres financements, publics ou privés, a noté Phil Hogan, ajoutant que des projets locaux pourraient aussi avoir accès à des prêts à taux compétitifs sur 10 à 15 ans, des outils que la Commission est en train d'évaluer en coopération avec la Banque européenne d'investissement (BEI). « Il n'est pas exagéré de dire que l'avenir de l'agriculture, de l'entreprenariat rural, et de fait de nos communautés rurales en général, repose dans une large mesure sur du droit rural à la connexion internet rapide », a conclu le commissaire européen.
« Aujourd'hui, les big data (mégadonnées), l'agriculture de précision, les drones, les robots font partie du vocabulaire agricole, mais on ne sait pas assez sur les performances des systèmes d'information et la récolte et le partage des données produites par les agriculteurs et coopératives qui utilisent de nouvelles techniques et de nouveaux matériels » : tel était l'enjeu d'une conférence qui s'est tenue le 22 juin à Bruxelles sous l'égide du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), selon son secrétaire général, Pekka Pesonen. Question clef : comment regrouper ces données, les traiter et les rendre plus facilement disponibles pour les exploitants en Europe ?
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Les données ouvertes doivent être accessibles, ce qui implique de les publier sur internet, les réseaux sociaux, et d'avoir une licence qui permet à chacun d'y avoir accès, de les utiliser et les partager, a notamment souligné le Copa-Cogeca.
Sept mois après le lancement de l'expérimentation « Agriculture Connectée » réalisée en collaboration par la Fnsea, Orange et sa filiale Nordnet, le bilan est satisfaisant, indiquent les 3 partenaires par voie de communiqué de presse le 22 juin. Lancée en octobre 2014, cette expérimentation visait à fournir gratuitement un accès internet par satellite à 21 exploitations agricoles et d'en étudier leur usage. Alors que 28% du panel étaient inéligibles à l'ADSL et 39% n'avaient accès qu'à un faible débit avant l'expérimentation, 100% des exploitations « testeuses » bénéficient désormais d'un accès haut-débit par satellite. 89% des testeurs ont déclaré utiliser internet, plus de 4 heures par jour en moyenne, à des fins majoritairement professionnelles (déclaration Pac, déclaration de naissances d'animaux, comptabilité…) mais également personnelles. L'intégralité du panel compte poursuivre l'expérimentation, qui prendra fin en octobre 2015.