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Terres agricoles Près de 7 % de surface agricole en moins depuis 30 ans

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Les terres agricoles sont en recul au profit de l'urbanisation : en trente ans, la France a perdu l'équivalent de deux grands départements. Un chiffre à mettre en regard de l'évolution de la population.

«EN trente ans, les terres agricoles ont reculé de près de 7 % au profit de l'urbanisation », annonce Agreste primeur dans une note du 18 juin. Même si les sols agricoles occupaient en 2012 la moitié du territoire national (51%), ils ont tout de même reculé de près de 7 % en surface, soit 2 millions d'hectares, en 30 ans. Cela représente 3,8 % de la superficie totale de la France, soit l'équivalent de deux grands départements (Gironde et Landes). Sur cette période, le rythme annuel de consommation des terres agricoles est de 67 milliers d'hectares soit– 0,23 % par an en moyenne, plus ou moins élevé selon les décennies. « Après un pic entre 2006 et 2008, les pertes de terres agricoles retrouvent depuis un niveau plus proche de la tendance historique : -52 000 hectares par an entre 2008 et 2010 et - 42 000 hectares entre 2010 et 2012 », indique Agreste. Le pic de 2006-2008 pourrait être expliqué par « l'arrivée à l'âge de la retraite des premières générations nombreuses du babyboom, conjuguée aux dispositions de la loi Fillon de 2003 permettant d'anticiper les départs en retraite. »

Terres artificialisées

« Au cours des trente dernières années, les terres agricoles se sont rétractées au profit des espaces artificialisés, les sols naturels restant relativement stables (40% du territoire national) », explique Agreste. Les espaces artificialisés comprennent les sols bâtis, les routes et infrastructures et les espaces verts, soit 9 % du territoire.

La progression des espaces artificialisés est à mettre en regard « du dynamisme démographique mais aussi de l'évolution de la composition des ménages et des comportements de localisation sur le territoire qui induisent de nouveaux besoins d'espaces pour se loger, travailler et circuler », indique Agreste. À noter qu'en 30 ans, la population française a augmenté de 17 %.

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Disparités entre les régions

Selon les régions, « le recul relatif des sols agricoles est plus ou moins marqué » : il est élevé dans le sud-est du Languedoc-Roussillon (-21%) et en Provence-Alpes-Côte d'azur (-17,4%) à cause de l'augmentation de la population. Il est également supérieur à la moyenne nationale (-7 %) dans les régions Rhône-Alpes, Alsace, Bretagne, Nord-Pas-de Calais, Aquitaine et Pays-de-la-Loire (entre – 9% et – 11%).

Les régions qui perdent le moins de terres agricoles sont la Lorraine, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne et le Limousin. Ce sont des régions où la densité de population est faible.

Reste le cas particulier de l'Ile–de-France. Du fait de la forte densité de population, l'artificialisation des sols est élevée. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, la consommation d'espace artificialisé semble s'être opérée davantage au détriment des espaces naturels plutôt que des espaces agricoles. Les auteurs de la note d'Agreste nuancent toute de même : « Ces espaces naturels (d'Ile-de-France) sont bien souvent des friches, issues notamment des terres agricoles qui cessent d'être exploitées dans l'attente des autorisations de construction, avant d'être finalement urbanisées. »