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Nutrition Près de 80 projets de lutte contre l’obésité

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Lors de la 5e réunion de la plate-forme sur la nutrition, l’activité et la santé, l’industrie agroalimentaire a présenté ses engagements 2006 pour lutter contre l’obésité. Ils seront analysés et suivis par la Commission européenne dans les prochains mois. Sur cette base, Bruxelles déterminera si la bonne volonté des acteurs suffit pour améliorer l’équilibre alimentaire des Européens ou si elle s’engage sur la voie législative.

La lutte contre l’obésité au niveau communautaire entre dans une phase concrète. La Commission de Bruxelles a reçu, le 25 janvier, lors de la cinquième réunion de la plate-forme européenne sur la nutrition, l’activité physique et la santé, les premiers engagements de l’industrie agroalimentaire, de la distribution et des publicitaires. Les membres de la plate-forme avaient jusqu’au 1er février pour faire parvenir des engagements écrits qui détaillent les actions envisagées pour enrayer l’épidémie de surpoids.

Près de 80 documents ont été remis à l’exécutif européen dont le souhait est de parvenir à des modifications rapides des comportements alimentaires des consommateurs en mobilisant les acteurs de la chaîne plutôt qu’en imposant de nouvelles réglementations. Sur deux sujets, la plate-forme souhaite disposer rapidement d’actions efficaces : la communication commerciale et la santé au travail.

Indicateurs de performance

La prochaine réunion est prévue le 14 mars prochain. D’ici là, un groupe de travail est chargé d’élaborer des indicateurs permettant d’évaluer les performances de la plate-forme. Un premier examen de l’activité de la plate-forme sera réalisé par Markos Kyprianou, le commissaire à la Santé et à la Protection des consommateurs, à la fin de l’année. Quoi qu’il en soit, la Commission européenne semble satisfaite de la mobilisation des membres de la plate-forme, même si elle en est encore à l’examen du contenu des engagements. De son côté, l’industrie est partagée entre communiquer sur ses actions et agir dans l’ombre. Deux secteurs ont choisi de faire de la publicité autour de leurs engagements : les fabricants de boissons rafraîchissantes et de snacks.

Codes de conduites

Regroupés au sein de l’Unesda, les Coca-Cola, Pepsi Co, Unilever, GlaxoSmithKline ou Cadbury Schweppes ont publié un code de conduite. Ils s’engagent à ne placer aucune publicité dans les médias, sur les sites Internet et dans les programmes télévisés destinés aux moins de 12 ans. Ils éviteront d’inciter les jeunes enfants à tenter de persuader leurs parents de leur acheter leurs boissons.

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Sur le point le plus sensible, celui des distributeurs automatiques, les fabricants de boissons gazeuses ne se sont pas alignés sur l’interdiction totale pratiquée dans l’Hexagone : ils ne seront présents dans le primaire qu’à la demande expresse des directions. Dans le secondaire, ils augmenteront le choix de produits disponibles en garantissant la présence d’eau et de boissons faiblement sucrées. Ces efforts seront contrôlés dans le temps par « un monitoring indépendant », assure Dominique Reiniche, présidente de l’Unesda et de Coca Cola Europe.

De leur côté, les fabricants de snacks regroupés au sein de l’ESA (European Snacks Association) se sont engagés à multiplier l’information sur les emballages, la disponibilité de produits moins gras ou moins salés auprès des consommateurs et développent des lignes directrices pour la communication et la vente dans les écoles et les distributeurs.

Faire respecter les engagements

Outre ces deux secteurs, la plupart des secteurs de l’industrie agroalimentaire se mobilisent au sein de la plate-forme, mais hésitent parfois à communiquer de peur d’être « suspectés de lobbying » par la presse et les associations de consommateurs, reconnaît le représentant d’un groupe d’intérêt. Autre problème qu’il soulève : assurer la transposition des engagements au niveau des petites entreprises plus ou moins nombreuses selon les secteurs lui paraît difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles sa fédération refuse pour le moment de s’engager par un autre biais que la CIAA. Et ce d’autant plus que « les grands groupes ont les moyens de fournir de l’information nutritionnelle ou de lancer des reformulations de produits. C’est plus dur pour les petites entreprises», souligne-t-il.