Nouvelle Commission de Bruxelles, « jeune » Parlement européen : en ces jours de changements dans les institutions de l'UE, la question se pose de la présence française à Bruxelles et Strasbourg. Au sein de l'exécutif, les commissaires sortants Dacian Ciolos et Michel Barnier étaient à même de défendre une certaine vision de la Pac. Lors de la précédente législature, Joseph Daul jouait un rôle prépondérant sur les questions agricoles et faisait le lien avec le partenaire allemand, en sa qualité de président du groupe démocrate-chrétien de l'Assemblée notamment. Aujourd'hui, l'influence française est à reconstituer. Certes, l'Irlandais Phil Hogan, qui prendra en main le 1er novembre le portefeuille de l'agriculture et du développement rural dans le collège européen formé par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ne peut être soupçonné à priori de faiblesse dans la défense de son secteur. Mais trouvera-t-il auprès de ses collègues l'appui nécessaire ? Pierre Moscovici risque en tout cas d'avoir fort à faire en la matière. D'autant que les cabinets des vingt-huit commissaires ne croulent pas sous la présence française. On y parle beaucoup allemand, en revanche. La vigilance est pourtant de rigueur. Le mot « agriculture » était absent du discours livré par le président de la prochaine Commission avant le vote parlementaire qui a approuvé son équipe. Seuls le Vert José Bové et un député irlandais en ont fait la remarque. Et la récente proposition de l'exécutif sortant de ponctionner la réserve de crise de la Pac pour faire face aux conséquences de l'embargo russe frappant les produits agroalimentaires est un précédent inquiétant sur le plan budgétaire. Pour Paris, ce n'est pas le moment de décrocher.
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