Fidèle à son vieux slogan « produire plus et mieux », l’AGPB marque son refus de la « décroissance », au programme de candidats à la présidentielle comme dans le projet européen De la ferme à la table.
La campagne présidentielle montre « sur l’agriculture, un clivage en train de se produire entre des candidats qui vont prôner la croissance, et d’autres qui vont prôner la décroissance », a noté le 13 janvier le président de l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) Eric Thirouin en conférence de presse. Sans surprise, le syndicat affirme son soutien aux premiers. « On peut allier croissance et solution environnementale, et réponse à la société », d’après lui. L’AGPB, avec les trois autres associations spécialisées de la FNSEA en grandes cultures AGPM (maïs), Fop (oléoprotéagineux) et CGB (betteraves), dévoilera à l’horizon du Salon de l’agriculture ses souhaits par rapport à l’élection de 2022.
Des idées-forces ont été présentées le 13 janvier lors de la présentation de ses vœux à la presse. Il s’agit de « produire plus et mieux », martèle Eric Thirouin, reprenant un vieux slogan du syndicat. Et de dénoncer le projet européen De la ferme à la table, issu d’une « logique de décroissance », selon lui, avec moins de production, des revenus inférieurs, des prix plus élevés. À rebours, l’AGPB estime que l’agriculture peut apporter une réponse aux défis environnementaux.
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Organiser le marché du carbone
Le captage du carbone va de pair avec la photosynthèse des plantes, souligne le syndicat. C’est à ce propos un vaste chantier qui attend la filière. Une méthode est officiellement reconnue dans le cadre du label bas carbone des grandes cultures. Reste à organiser le marché « pour que la valeur du carbone revienne au producteur », affirme le secrétaire général Philippe Heusèle. Cela ne vise pas seulement à générer du revenu, mais aussi à couvrir des risques liés au changement de pratiques, à supporter des investissements nécessaires, selon lui. « Les crédits carbone doivent être valorisés au juste prix. Il faut pour cela que la filière s’organise. » Preuve de l’importance que la profession attache au dossier, le carbone sera mis à l’honneur sur son stand au prochain Sia.
Autre sujet d’attention, les phytos et plus particulièrement les ZNT (zones de non-traitement). L’AGPB appelle au « pragmatisme » sur les nouvelles règles. Un travail sur les chartes riverains va pour cela s’engager dans cinq départements, indique le syndicat. « On demande des compensations agricoles sur les terres qui ne vont pas pouvoir être cultivées », poursuit Eric Thirouin. S’agissant des AMM (autorisations de mise sur le marché) des phytos, le syndicat veut qu’elles soient ajustées en fonction du matériel de pulvérisation : des buses permettent de réduire la dérive de 50 à 95 %, limitant ainsi les risques.