La Fnab (producteurs bio), Coop de France et Synabio (entreprises) ont présenté leur pacte agricole bio aux six candidats « principaux » ou leurs représentants (PS, LR, La France insoumise, FN, EELV et En marche) à Paris, le 8 février. S’ils ne sont pas tout le temps d’accord sur la façon de soutenir l’agriculture bio, tous ont des propositions et ont fait le déplacement. Du jamais vu.
La Fnab (producteurs bio), Coop de France et Synabio (entreprises) ont présenté leur pacte agricole bio aux six candidats « principaux » ou leurs représentants (PS, LR, La France insoumise, FN, EELV, En marche) à Paris, le 8 février. Au-delà des candidats, 678 élus ont déjà signé ce pacte disponible en ligne (1). Pour l’heure, l’organisation confirme la signature de Benoît Hamon et de Corinne Lepage, représentante d’Emmanuel Macron. Un des objectifs est « de faire de la France le premier pays bio en Europe ». Parmi les engagements contenus dans le pacte, il y a celui de garantir des politiques agricoles et agroalimentaires favorables aux filières bio, de développer des outils de financements adaptés ou encore d’augmenter la consommation de bio dans la restauration collective.
Consensus sur l’intérêt de l’agriculture bio
En cinq ans, les débats sur l’agriculture bio ont considérablement évolué. En témoigne celui qui a rassemblé les candidats à l’élection présidentielle de 2017. Il n’est plus question de s’interroger sur sa place dans le paysage agricole du pays. Le centre des débats s’est porté sur l’accompagnement du développement de ce mode de production. Philippe Martin, représentant Benoît Hamon, affirme ainsi : « L’agriculture bio est prospère ». D’autres aussi le disent. Pour Guy Vasseur, représentant de François Fillon, la diversité des agricultures en France est une chance. Philippe Murer pour Marine Le Pen a affirmé que « l’agriculture ultra-intensive apparaît de plus en plus comme une impasse » et s’est réjoui du développement des surfaces en bio. Autre point de consensus sur l’agriculture bio : les risques auxquels elle est exposée en raison de son fort développement. Yannick Jadot a rappelé l’importance du règlement bio en cours de révision à l’échelle européenne. Philippe Martin met aussi en garde : « Il ne faut pas que l’agriculture bio soit victime de son succès ». Enfin, tous les candidats ont affirmé la volonté d’accompagner aussi la consommation de produits bio. Ainsi, Laurent Levard, représentant de Jean-Luc Mélenchon, affirme que « si le prix des produits bio est plus élevé pour les consommateurs, il faut une répartition plus juste des revenus dans la société. » Par ailleurs, l’introduction en restauration collective est un des leviers clés de plusieurs des programmes des candidats.
Des différents sur son développement
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Mais les différences existent, notamment sur les moyens mis en œuvre pour développer l’agriculture. « Il n’est pas question pour François Fillon d’opposer les types d’agriculture », a affirmé Guy Vasseur et de poursuivre : « Il veut que la France redevienne leader en agriculture. Et dans tout ça, évidemment il y a l’agriculture biologique. » Au contraire, le représentant de Jean-Luc Mélenchon a affirmé que leur projet « n’est pas dual » et propose, sur le volet foncier, « un droit de préemption systématique pour l’agriculture bio ». Du côté des socialistes, il est question de « prioriser l’accès au foncier pour les jeunes bio ». Philippe Martin évoque aussi le lancement d’un débat national vers la transition alimentaire et agricole. Philippe Murer propose « une TVA 0 % pour les produits bio. » Par ailleurs, un autre point de discordance est la prise en compte des seuils de résidus de pesticides dans les produits bio. Yannick Jadot s’est dit favorable à leurs mises en place. Par contre, Philippe Martin a émis des réticences à leurs mises en place, sans être non plus définitif sur la question. Corinne Lepage a pour sa part soutenu le paiement pour services rendus par l’agriculture bio.
Au 9 février, le pacte agricole bio 2017 recueillait les signatures de 678 élus.