Les IAA ont tiré leur épingle du jeu, en 2005, elles qui n’ont malgré tout pas été épargnées par les conséquences des non aux référendums français et néerlandais, ni par les incertitudes sur le budget européen, comme le souligne le président Jean Martin dans son message d’ouverture au rapport 2005 de la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE). Le document, publié la 10 avril, fait le tour des enjeux communautaires pour l’agroalimentaire dans les prochains mois.
L’industrie agroalimentaire tente de rendre plus concret le processus de Lisbonne, souvent critiqué pour n’être qu’une belle déclaration d’intention. L’agenda de Lisbonne, concept créé par la Commission de Bruxelles, vise à faire de l’Union européenne l’économie la plus compétitive d’ici à 2010.
La CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE), son lobby européen, va publier dans les prochaines semaines une étude de marché qui présente des indicateurs de sa compétitivité. Statistiques à l’appui, le secteur compte bien défendre pied à pied ses intérêts tels qu’ils sont détaillés dans son rapport annuel publié le 10 avril http://www.ciaa.be/pages_en/news_events/news_list.asp?news_id=186&year_crit=2006.
L’enjeu pour ces industries dont la croissance plafonne en deçà des 2 % est de maintenir leur compétitivité sur les marchés mondiaux dans un contexte de renforcement des contraintes réglementaires (sécurité alimentaire, nutrition), de réforme de la PAC et de négociations commerciales à l’OMC (fin des restitutions à l’exportation).
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851 milliards d’euros
Après s’être restructurée en 2004 et 2005, la CIAA a l’intention de passer à l’offensive, de multiplier les contacts avec les responsables européens. Et aussi nouer des alliances stratégiques avec d’autres groupes d’intérêts, comme l’indique Daniela Israelachwili, la secrétaire générale de l’organisation dans son introduction du document d’une quarantaine de pages.
Commerce, PAC, sécurité alimentaire, R&D, obésité, le rapport fait un tour d’horizon des enjeux sectoriels des politiques communautaires. En 2004, l’industrie agroalimentaire a atteint 851 milliards d’euros de CA. Elle emploie près de 4 millions de salariés, un chiffre en constante diminution depuis plusieurs années (-4,9 % en 2004 par rapport à 2003). Ses principaux marchés à l’export, rappelle le rapport, sont les Etats-Unis (10 milliards d’euros), le Japon (3,6 milliards) et la Russie (3,5 milliards) et la Suisse (3 milliards). La balance commerciale s’est rééquilibrée en faveur de l’UE, à 3,4 milliards d’euros au cours des neuf premiers mois de 2005, contre 2,8 milliards au cours en 2004, les exportations atteignant 34,6 milliards et les importations 31,2 milliards.