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UE/Information des consommateurs Pression des PME pour rejeter la mention obligatoire de l’origine des produits alimentaires

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Mentionner obligatoirement sur les étiquettes l’origine de tous les produits alimentaires serait impraticable et n’aboutirait qu’à augmenter les prix des aliments des PME, en particulier. C’est ce que pense l’UEAPME (Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises), qui, à la veille d’un vote sur le projet de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, demande aux eurodéputés de rejeter les amendements qui rendraient obligatoire l’étiquetage du pays d’origine de tous les produits alimentaires.

« L’étiquetage obligatoire des aliments concerne la sécurité du consommateur. Or l’origine des produits alimentaires n’a rien à voir avec une question de sécurité », estime Ludger Fischer, responsable du département « produits alimentaires » de l’Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME). A l’approche d’un vote et d’un débat parlementaires sur la proposition de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (18 et 19 mai), les PME européennes affutent leurs arguments pour tenter d’infléchir le sens du vote des eurodéputés. Elles s’appliquent à leur expliquer « comment on peut exiger d’un fabricant de produits alimentaires de mentionner obligatoirement sur ses étiquettes l’origine des produits qu’il vend alors qu’il achète des ingrédients provenant de sources multiples, en fonction de facteurs tels que la disponibilité ou les variations saisonnières ». A leurs yeux non seulement une telle obligation serait difficilement applicable mais elle entraînerait « de graves difficultés » pour les fabricants qui seraient au final contraints et forcés d’augmenter leurs prix pour compenser les frais d’étiquetage supplémentaires. Pire : aux yeux de l’UEAPME la mention obligatoire du pays d’origine des aliments « n’apporterait aucune valeur ajoutée pour les consommateurs » et n’aboutirait qu’à « restreindre les échanges commerciaux au détriment d’un marché unique européen ». Le lobby des PME demande en conséquence aux eurodéputés de rejeter les amendements qui prévoient d’inclure les aliments non préemballés dans le champ d’application du futur règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.

Une règlementation suffisante existe déjà selon les PME
L’UEAPME rappelle à ceux qui voudraient bien la suivre que la réglementation actuelle sur l’étiquetage du pays d’origine des produits alimentaires prévoit déjà dans l’article 3 de la directive 2000/13 la nécessité de mentionner le lieu d’origine ou de provenance d’un produit alimentaire « dans le cas où son absence pourrait induire en erreur le consommateur ». Une formulation identique est prévue aussi, toujours selon l’UEAPME, dans l’article 9 du projet de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires présenté par la Commission européenne en janvier 2008. Selon l’interprétation du lobby des PME, « l’effet de cette formulation est que la mention du pays d’origine sur l’étiquette est volontaire, sauf si une indication accompagnant la dénomination du produit ou sa publicité stipule qu’il vient d’un endroit particulier ». Ainsi, explique l’UEAPME, « un yaourt étiqueté “yaourt à la grecque” devrait obligatoirement mentionner le pays de d’origine si celui-ci n’est pas la Grèce ».

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