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Fruits et légumes Pression sur les prix, mais pas sur les volumes

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Dans le secteur des fruits et légumes, tant transformés que sur le marché du frais, la crise économique a une conséquence commune très nette : elle oblige les entreprises à s’adapter à des prix plus bas. Mais elle ne semble pas affecter les volumes commercialisés. Elle a aussi comme conséquence de faire baisser les prix des entreprises, ce qui peut offrir des opportunités d’acquisitions. Le mouvement est déjà amorcé, tant chez Bonduelle que chez Fruidor.

La crise économique conduit les consommateurs à rechercher avec plus de détermination qu’auparavant des prix plus bas. Mais, comme les dépenses pour l’alimentation sont incompressibles, les consommateurs ne diminueront pas sensiblement leurs achats en tonnages.

Une stratégie réorientée vers les premiers prix

C’est donc sur les premiers prix que les consommateurs auront tendance à se tourner. Les entreprises d’aval, qu’il s’agisse d’industriels ou de commerçants, envisagent déjà de réduire les frais sur l’emballage. Dans le secteur des fruits et légumes, la crise a comme conséquence d’infléchir la stratégie de vente vers des premiers prix, comme dans la plupart des secteurs de grande consommation, indique François Dalle, directeur de Fruidor pour la région Nord. Fruidor est à la fois mûrisseur de bananes (150 000 tonnes par an) et expéditeur en fruits et légumes (107 000 tonnes). Globalement, la crise économique « n’entraîne pas forcément de baisse de volume », indique François Dalle. Cependant, selon lui, on assiste à une baisse des volumes du haut-de-gamme et à une hausse des volumes des « premiers prix ». « Nous devons nous montrer plus agressifs, et vendre davantage de produits d’entrée de gamme », commente-t-il. Pour les produits de base, la demande accuse un ralentissement, hors périodes de promotion. « Le meilleur exemple est la pomme de terre. J’en vends plus en premiers prix depuis la crise. Nous parvenons surtout à traiter des volumes quand nous faisons des promotions. Et, entre deux opérations, c’est difficile », ajoute François Dalle.

Une stratégie réorientée vers les MDD

Il y a les premiers prix mais aussi les marques de distributeurs (MDD). La réorientation de certains industriels vers la production de produits commercialisés sous marques de distributeurs, afin d’en accroître la compétitivité, est déjà entamée. Tel est le cas de Bonduelle.

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Le leader européen du légume en conserve et surgelé a conclu dès octobre la mise en commun de ses activités de légumes surgelés avec Gelagri, une filiale de la coopérative bretonne Coopagri. Cette alliance forme un nouvel ensemble de 160 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec les trois usines de Coopagri (Loudéac et Saint-Caradec dans le Finistère, Santaella en Andalousie), et avec l’usine espagnole de Bonduelle à Milagro en Navarre. La production prévue de 150 000 tonnes de légumes surgelés, dès 2009, est destinée au marché des MDD.C’est une illustration de cette stratégie recentrée sur la compétitivité économique des volumes produits.

Bonduelle a par ailleurs signé en novembre l’acquisition à 100% du conserveur belge indépendant La Corbeille, spécialisé dans la production de légumes en boîtes et en bocaux. Les 100 000 tonnes de conserves que produit l’entreprise sont destinées notamment au marché allemand, très friand de MDD et de premiers prix.