Abonné

Réforme de la Pac Pressions pour fixer les objectifs avant le budget

- - 3 min

Les ministres de l’Agriculture de six Etats membres de l’UE (Italie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Chypre, Grèce), réunis les 27 et 28 octobre à Venise (Italie), ont appelé l’UE à définir les objectifs de la Pac avant de décider son budget. Les Vingt-sept doivent procéder en 2008 et 2009 à une révision des finances communautaires (dépenses et recettes) pour l’après-2013. Le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, avait rappelé peu auparavant que Paris veut utiliser la présidence tournante de l’Union, qu’elle assurera au second semestre 2008, pour lancer un débat sur les objectifs de la Pac de l’après-2013.

Les six ministres réunis à Venise considèrent, selon un communiqué, qu’il est « gravement erroné de croire, comme certains pays européens, que le budget de la Pac doit être d’abord réduit, et que le débat sur l’avenir de l’agriculture et les subventions ne commence qu’après ». Ils estiment que « la direction à suivre est complètement différente : les objectifs politiques de la Pac doivent être décidés avant l’accord sur le budget ».

Ces objectifs doivent intégrer le souci de répondre « aux défis du développement durable au XXI e siècle », précise le communiqué.

Les ministres soulignent notamment leur « profond accord » sur l’importance d’une politique visant à « fournir aux consommateurs des informations fiables et transparentes sur l’origine des produits qu’ils consomment ».

Les ministres Paolo De Castro (Italie), Nihat Kabil (Bulgarie), Dacian Ciolos (Roumanie), Iztok Jarc (Slovénie), Panicos Pouros (Chypre) et Christos Avgoulas (Grèce) étaient réunis pour un forum sur « une nouvelle vision de la Pac, pour le développement durable, pour un monde qui change ».

La France « peut-être » pour une baisse des subventions aux grandes exploitations

Lors du débat sur la Pac de l’après-2013, la France va « peut-être accepter »de réduire les subventions versées aux grandes exploitations au titre de la Pac si cet argent est utilisé pour « des mécanismes visant à stabiliser le marché », a déclaré Michel Barnier dans un entretien publié le 25 octobre par le quotidien britannique Financial Times.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Selon le ministre français de l’Agriculture, la concurrence des pays tiers n’est « pas toujours loyale » parce qu’elle n’est pas soumise au respect des normes européennes en matière d’environnement et de santé. Les agriculteurs de l’UE sont les otages de la « grande spéculation internationale » sur les marchés de denrées alimentaires, a-t-il estimé.

« Nous devons être intransigeants en exigeant que les produits entrant (dans la Communauté) respectent ces normes », a souligné l’ancien commissaire européen.

M. Barnier a ajouté que la France continuerait de soutenir une Pac forte et subventionnée en raison des aspects « positifs » de la gestion de l’agriculture dans les campagnes, de la sécurité alimentaire et des normes de protection de l’environnement. « Le modèle européen repose sur le terroir, le goût et la couleur. Nous ne voulons pas d’une alimentation aseptisée », a-t-il déclaré.

Les tentatives visant à supprimer toutes les aides basées sur le marché et les subventions aux agriculteurs, comme l’a proposé le premier ministre britannique Gordon Brown d’ici à 2020, poseraient « un problème » à la France, a averti le ministre français.