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Sucre Pressions sur les eurodéputés avant leur vote sur la réforme de la Pac

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Les industries utilisatrices de sucre appellent le Parlement européen à voter contre la prolongation des quotas de sucre, tandis que les producteurs insistent auprès des députés sur les avantages d’un maintien de ce régime.

Les betteraviers européens réunis au sein de la Cibe, les fabricants de sucre (CEFS), les syndicats de l’alimentaire et de l’agriculture (Effat), ainsi que les pays producteurs d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et les pays les moins avancés (PMA), demandent aux parlementaires européens de soutenir, lors de leur vote du 13 mars sur la réforme de la Pac, la proposition de leur commission de l’agriculture visant à prolonger jusqu’à 2019/2020 la réglementation actuelle du secteur du sucre, dont les quotas.
Une telle mesure « contribuerait grandement à la garantie d’un emploi décent, à l’amélioration de la durabilité du secteur », et permettrait « une offre de sucre suffisante à des prix viables pour les agriculteurs, les transformateurs, les fournisseurs, les travailleurs et les consommateurs », assurent ces organisations européennes.

« Au moins jusqu’en 2020 »

Dans une lettre adressée aux parlementaires européens et aux experts des États membres, les comités des organisations agricoles et coopératives de l’UE (Copa-Cogeca) demandent « de prolonger l’organisation actuelle du marché du sucre au moins jusqu’en 2020, ce qui inclut la campagne de commercialisation 2019-2020, d’introduire un mécanisme de flexibilité permettant de mettre automatiquement du sucre hors quota sur le marché alimentaire lorsque l’équilibre de celui-ci le requiert, ainsi que de maintenir l’organisation et les modalités de contractualisation existantes dans la filière ».
Le Copa-Cogeca juge par ailleurs « tout simplement inadmissibles » les propositions de l’industrie européenne du raffinage « visant à élargir l’accès au marché de l’UE pour les importations de sucre de canne brut en supplément des privilèges existants ».

« Profonde inquiétude » des industries utilisatrices

À l’inverse, dans une lettre ouverte destinée aux eurodéputés, 27 associations européennes d’industriels utilisateurs de sucre et plusieurs associations nationales du secteur de l’alimentation et des boissons expriment leur « profonde inquiétude » face à la décision de la commission parlementaire de l’agriculture de prolonger les quotas de production de sucre et isoglucose jusqu’à 2020 dans le cadre de la réforme de la Pac, alors que la réglementation actuelle prévoit leur suppression en 2015. Depuis la réforme de l’OCM sucre, « les betteraviers sont totalement intégrés au système de paiements de la Pac pour les revenus, et 6,2 milliards d’euros ont été mis à disposition pour restructurer le secteur », soulignent ces organisations, parmi lesquelles le Comité européen des utilisateurs de sucre (CIUS), l’Association européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (UAPME), l’Association des industries européennes du chocolat, de la biscuiterie et de la confiserie (Caobisco) ou encore l’Association européenne des transformateurs de fruits et légumes (Profel).
Ces mesures ont « permis une meilleure efficacité et des rendements de betteraves accrus dans l’UE », poursuivent-elles. « Mais les objectifs fondamentaux de l’UE, à savoir une concurrence équitable, une sécurité d’approvisionnement et des prix raisonnables, n’ont pas été atteints et ne peuvent l’être tant que les quotas de production qui faussent le marché ne sont pas abolis ».
Ceux-ci « restreignent la production de sucre de l’UE à seulement 80 % de la demande et ont conduit les prix dans l’Union à une forte hausse – le prix du sucre blanc dans l’UE est maintenant supérieur de plus de 50 % au marché mondial », affirment les signataires.

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