Abonné

Prêts bonifiés en agriculture, des enjeux décryptés

- - 4 min

Aménagement du territoire, commerciaux ou financiers, les enjeux liés aux prêts bonifiés à l’agriculture ont été décryptés par une mission conjointe entre l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) afin de faire évoluer le système.

Les prêts bonifiés à l’agriculture sont un vrai enjeu pour l’État, la profession agricole mais aussi les banques. Une mission conjointe entre l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a fait le point sur les prêts bonifiés en agriculture dont les prêts JA dans une étude publiée le 3 février. La mission n’est pas tendre à leur sujet : « Un dispositif d’une lourdeur croissante », « largement vidé de son sens » avec un « traitement administratif complexe et coûteux ». Elle analyse les enjeux de chacun des acteurs. « Pour l’État, l’enjeu est multiple : enjeu budgétaire et financier, enjeu de simplification administrative et d’économie de personnel, enjeu d’aménagement du territoire », annonce la mission. La suppression du dispositif représenterait une économie de l’ordre de 55 M€ (11 M€ État + 44 M€ FEADER) en 2016 et qui pourrait atteindre 110 M€ (22 M€ État + 88 M€ FEADER) en 2020. De plus, en termes de personnel, cela correspondrait à « une économie de 50 à 100 équivalents temps plein (ETP) dans les Directions départementales des territoires, ainsi qu’une vingtaine à l’Agence de service et de paiement (ASP) ». Pour la profession agricole, notamment les jeunes agriculteurs, « le dispositif des prêts bonifiés a encore tout son sens dans la mesure où il serait de nature, pour les candidats à l’installation, à faciliter l’accès au crédit bancaire », estime la mission.

Remplacer les prêts par un CICE à l’agriculture

Pour les banques, ces prêts bonifiés pourraient « être même qualifiés de produit d’appel ». En effet, d’après le rapport, les prêts bonifiés, « outre la rémunération pour frais de gestion octroyée par l’État (10 % environ du montant de la bonification distribuée) procurent indéniablement aux banques un accès privilégié à la clientèle agricole ». Le Crédit agricole semble particulièrement favorisé dans ce dispositif, évoque clairement le rapport. Du côté des régions, la mission n’établit pas d’enjeu particulier. Pour autant, si les prêts bonifiés étaient amenés à disparaître, cela permettrait une réallocation des fonds vers d’autres destinations, « valorisant mieux leur politique et leur montée en responsabilité sur le développement rural ». Du côté de l’Agence de service et de paiement (ASP), ce sont des « enjeux techniques et budgétaires » qui apparaissent avec la suppression ou non des prêts bonifiés via « la gestion des stocks de prêts bonifiés, l’enregistrement des nouveaux prêts et l’établissement des factures ». Six scénarios ont été établis afin d’estimer l’impact d’une suppression, du maintien ou d’une évolution de ces prêts bonifiés. Ont été prises en compte des demandes des syndicats majoritaires comme celles de remplacer les prêts bonifiés par l’application du CICE au secteur agricole accompagné de financement par des prêts garantis. Un dispositif qui « aurait le mérite d’une réelle simplification de l’intervention de l’État », conclut la mission.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Fin des prêts bonifiés à moyen terme spéciaux (MTS-Autres) au 29 février 2016

La distribution des prêts bonifiés à moyen terme spéciaux (MTS) dits Autres prendra fin le 29 février 2016, selon une instruction technique du ministère du 5 février. « Au-delà de cette date, le dépôt de demandes d’autorisations de financement pour ce type de prêts bonifiés ne sera plus possible », annonce l’instruction. Ces prêts étaient consentis notamment au GAEC, aux associations foncières pastorales et au groupement pastoraux. Ils ne pouvaient être accordés que dans la mesure où ils tendaient à faciliter l’installation des emprunteurs, notamment pour la reprise, totale ou partielle, d’une exploitation.