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Champs & Lycées 2009 Prime à la culture du blé de qualité avec peu de pesticides

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Le premier prix du concours « Champs & Lycées » a été remis le 30 janvier à deux établissements d’enseignement agricole, ex-aequo, pour récompenser leurs itinéraires culturaux de blé « durables ». Ces deux établissements ont réussi à produire du blé de bonne qualité, en diminuant les doses de pesticides et d’engrais.

Le concours « Champs & Lycées », fondé en 2002, a remis, sous le patronage de Michel Barnier, son premier prix à deux établissements d’enseignement agricole, ex-aequo, pour récompenser leurs itinéraires culturaux de blé « durable » : du blé produit en diminuant les doses de pesticides et d’engrais, puis bien valorisé commercialement.

L’un des deux premiers prix a été remporté par le lycée agricole de Chambray à Gouville dans l’Eure. Les étudiants y ont relevé le défi de cultiver une variété de blé sensible à la fusariose (Toisondor), en réduisant le nombre de traitements fongicides, tout en valorisant la récolte dans un élevage de poulets label rouge, commercialisés localement, après une étude de marché.

Le renouveau de l’agronomie

Les étudiants ont utilisé de nombreux outils d’aides à la décision (OAD), en particulier pour ajuster la densité de semis, construire leur stratégie fongicide et raisonner la fertilisation. « Vous avez envisagé tous les aspects de la filière économique. Vous avez montré que l’avenir passe par un renouveau de l’agronomie », leur a dit Joël Cottard, secrétaire général d’Arvalis, le jour de la remise des prix le 30 janvier.

L’autre premier prix ex-aequo a été décerné à l’école des Établières à La Roche-sur-Yon. Les étudiants sont parvenus à produire, avec des interventions ciblées permettant de réduire les intrants, un blé pour la panification, vendu à un prix supérieur en raison de son meilleur taux de protéines que celui de la parcelle de l’agriculteur voisin qui produit selon des méthodes conventionnelles. Ils ont travaillé sur une partie de parcelle d’un hectare cultivée en blé par un agriculteur, qui sur le reste de cette parcelle a mis en œuvre sa pratique habituelle. C’est l’agriculteur qui a effectué tous les travaux sur les deux parties. Pour les traitements phytosanitaires, des buses anti-dérive ont été utilisées, une bande double densité a été mise en place afin de limiter le lessivage de fin d’hiver et d’indiquer avec précision le moment du premier passage.

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Des résultats économiques meilleurs

Les résultats économiques avec les itinéraires culturaux des étudiants, à l’école des Établières, sont meilleurs que ceux de la partie cultivée sous la technique habituelle de l’agriculteur : un écart de rendement de 11 quintaux par hectare (91 contre 80), une marge brute supérieure de 341 euros, et des charges de 498 euros par hectare contre 612. Pour la valorisation de ce blé adapté à la panification, les étudiants ont participé à de nombreuses opérations de communication : forum des métiers de La Roche-sur-Yon, foire expo de La Roche-sur-Yon. Ils ont fait l’objet de reportages sur TV Vendée et Télé Canal 15.

Quatre autres établissements candidats ont été primés, pour des conduites de cultures viables économiquement et avec peu de traitement et des doses d’engrais réduites. Tel ce Legta de Poitiers-Venours, qui a produit un blé biscuitier avec peu de nitrates, le précédent ayant été une culture de luzerne.

Ce concours « Champs & Lycées », « champ d’essai au service de l’agriculture durable », selon ses fondateurs, a été organisé par le ministère de l’Agriculture, Arvalis-Institut du Végétal, Syngenta Agro, l’Institut français de la vigne et du vin et les Banques populaires. Il a pour but de promouvoir l’agriculture durable auprès des jeunes générations, des professionnels de l’agriculture et du grand public.