Devinez : quel est le point commun entre Ségolène Royal et les grandes enseignes de distribution ? Toutes veulent faire baisser ou ne pas augmenter les prix payés par les consommateurs. Ségolène Royal a fait décider par le gouvernement la suspension de la hausse des prix de l'électricité. Les grands distributeurs sont revenus vers leurs fournisseurs pour obtenir de nouveaux rabais dans leurs prix de vente.

L'autre point commun est le déni des réalités économiques. C'est bien de ne pas faire payer davantage pour l'électricité. Mais qui va payer le coût de l'entretien et de la rénovation indispensable des centrales ? Qui va payer le surcoût que représentent encore aujourd'hui les sources d'énergie renouvelable ? Côté distributeurs il y a le même déni : depuis 3 mois, source Insee, les prix agricoles ont recommencé à grimper, de 3,3% pour les produits végétaux (hors fruits et légumes) et de 0,5% pour les produits animaux. Pour ceux-ci, la hausse des prix est de 3% sur un an. Les enseignes de distribution, en voulant renégocier leurs prix d'achat, donnent un signal clair : elles entendent profiter de la volatilité à la baisse sans en pâtir à la hausse. C'est dans leur logique la plus évidente.

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Mais à ce jeu là on retombe dans le déni économique : si les fournisseurs ne peuvent répercuter leurs coûts, c'est l'emploi qui trinquera. Et on aura beau jeu, de nouveau, d'accuser la conjoncture économique et le manque de pouvoir d'achat qui pousse à la baisse des prix.

Que peut faire le monde des agriculteurs et des industriels qui transforment leurs produits ? Si l'entente sur des prix est strictement interdite, l'entente sur un mot d'ordre tel que le refus de baisser les prix ne l'est pas. Les négociations commerciales ont été closes, normalement, fin février. Aucun fait nouveau n'implique qu'elles se rouvrent… à la baisse.