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La question du biogaz est un bon exemple de choix compliqué à faire par les agriculteurs. Pour certains, il s’agit d’une diversification naturelle: un prolongement de l’agriculture compte tenu de ses productions secondaires (le lisier) et bienvenu en raison des compléments de revenu que cela peut procurer. C’est ce qu’ont fait les agriculteurs allemands. Pour d’autres, il s’agit d’une activité non justifiée : les éleveurs devraient faire de l’élevage, et rien que de l’élevage. L’objectif des syndicats serait, dans cet esprit, d’obtenir de bons prix des productions animales plutôt que de s’aventurer dans une activité à complément de revenu cachant la médiocrité des prix des viandes.
Comment, pourtant, les agriculteurs pourraient-ils renoncer à une telle diversification à l’heure où les marchés agricoles risquent de ne pas assurer un revenu suffisant ? Investir dans une telle production d’énergie, notamment à plusieurs exploitants, peut même constituer une chance pour la survie des petites exploitations. Un frein, donc, à la concentration excessive de l’élevage, dénoncée ici où là.
Encore faut-il qu’une vraie politique d’incitation soit mise en place. On pourra en juger lorsque le plan promis par Stéphane Le Foll sera effectivement annoncé. Quel qu’il soit, ce plan aura au moins le mérite d’être le premier du genre. Mais ce qui comptera surtout, sur le moyen terme, ce sera le prix auquel les agriculteurs pourront revendre le gaz ou l’électricité qui en provient. L’exemple du photovoltaïque, avec les aller-retour calamiteux sur le prix du kilowatt de rachat par EDF, laisse de mauvais souvenirs. Ne demandons pas aux agriculteurs d’investir sans qu’ils aient la moindre visibilité sur le prix de vente de leurs produits. La volatilité, ils ont déjà donné !
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