Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a convoqué pour le 30 mars les membres de l’interprofession laitière (Cniel) « afin de mettre l’interprofession devant ses responsabilités » quant à l’orientation du prix du lait. Le 24 mars, après le torpillage des négociations par les industriels, la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) avait fait monter la pression d’un cran en demandant aux éleveurs « de passer immédiatement à l’action contre les entreprises qui ont affiché leur intention de ne pas respecter la hausse de prix découlant des indicateurs (interprofessionnels). ».
La FNPL rappelait sa demande d’application de l’accord interprofessionnel du 3 juin 2009 pour la fixation des hausses de prix du lait à la production du 2e trimestre 2010. « Les réunions régionales de ces prochains jours permettront de confirmer ou d’infirmer les intentions des transformateurs.
» La plupart des Criel (interprofessions régionales) devaient en effet tenter de se mettre d’accord sur une évolution pour cette période. Déjà, certaines entreprises comme Danone faisaient savoir qu’elles étaient prêtes à payer la hausse prévue mécaniquement par l’application de l’accord du 3 juin 2009. « Les industriels se fichent de nous ! », s’exclamait Henri Brichart le 23 mars, constatant que le « coup de force » des industriels intervenait peu après que les producteurs eurent accepté de revoir les grilles saisonnières de tarifs. À plus long terme, Henri Brichart a envoyé un courrier aux commissaires européens Joaquin Almunia (Concurrence) et Dacian Ciolos (Agriculture). Dans ce courrier, Henri Brichart affirme qu’il « appartient à l’Europe et aux États membres d’instaurer des mécanismes juridiques spécifiques visant à renforcer la protection des producteurs (de lait), maillons faibles de la filière, face aux industriels ».
Les producteurs, qui ont en face d’eux un seul acheteur pour leur lait, ne disposent pas « d’alternative » et « hésiteront toujours à judiciariser certaines pratiques condamnables des industriels », remarque le président de la Fédération laitière.
La Fédération souhaite par ailleurs « la reconnaissance pour le secteur laitier d’une exception communautaire », au droit de la concurrence afin de pouvoir « regrouper les producteurs au sein d’organisations, structurées au niveau de bassins laitiers pertinents, de dimension régionale ou interrégionale », sans qu’elles soient considérées comme des ententes par les autorités de la concurrence.
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