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Production bovine Prix et revenu des éleveurs au cœur des débats lors du congrès de la FNB

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Prix, revenu, marché export, cotations, Pac … tous ces sujets ont été mis sur la table au congrès de la Fédération nationale bovine, les 2 et 3 février, à Autun. Xavier Beulin, président de la FNSEA, et Bruno Le Maire ont partagé les débats avec les éleveurs. Hué comme applaudi, Bruno Le Maire annoncera le versement par anticipation du solde de la PMTVA.

C’est à la fin du congrès de la Fédération nationale bovine (FNB), le 3 février à Autun que Bruno Le Maire a apporté quelques réponses aux demandes des éleveurs et surtout a pris position dans les échanges intrafilières sur le prix à la production. Il a ainsi clairement dénoncé le refus des industriels de faire monter les prix à la production en élevage bovin. « Certains industriels jouent le jeu, d’autres non. Et s’il faut publiquement expliquer quels industriels ne jouent pas le jeu, je le ferai », s’est-il exclamé. Il précise que les « coopératives ne sont pas toujours celles qui jouent le mieux, avec vous, le jeu pour faire remonter les prix. » Effectivement, à lire le titre de la présentation de Philippe Chotteau, chef du département économie à l’Institut de l’élevage, Les cours du bœuf flambent partout… sauf en Europe, il y a de quoi se poser des questions en matière de prix de la viande. Dans ce sens, Pierre Chevalier, président de la FNB, soutenu par Xavier Beulin, président de la FNSEA, a clairement insisté sur l’opportunité d’un GIE export, dénonçant l’attitude du groupe Bigard qui refuse de chercher des marchés à l’international. Pour le groupe, cela signifierait démanteler et remettre en cause le fonctionnement de son marché et probablement son hégémonie.

Favoriser l’export à tout prix

Pour Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, « une volonté gouvernementale » est indispensable pour « aller chercher des marchés à l’export ». Bruno Le Maire lui répondra en rappelant tous les efforts faits en faveur du déblocage de nouveaux débouchés exports (Russie, Turquie, Egypte, Liban…). Il annonce d’ailleurs la signature d’un nouveau certificat sanitaire le 1er février avec l’Algérie, supprimant la vaccination FCO obligatoire des vaches mères. De plus, il déclare que « l’Etat reconnaîtra officiellement la vaccination » FCO faite par les éleveurs. Dans ce sens et afin de faciliter les vaccinations contre la FCO qui pourraient mettre à mal bon nombre d’échanges internationaux, Bruno Le Maire devrait rencontrer prochainement les laboratoires afin d’obtenir une explication sur la récente multiplication par 3 ou 4 du prix du vaccin.

Machine à classer et réforme des cotations

Sur le sujet de la machine à classer, il n’hésite pas à parler « de sanctions nécessaires » si la généralisation de cette machine dans les abattoirs de plus de 3 000 t n’a pas été effectuée avant le 31 janvier. Cette généralisation avait été demandée par le ministre dans une feuille de route, acceptée par toute la filière le 9 novembre dernier. La refonte des cotations faisait également partie de cette feuille de route. « Nous avons un système de cotation qui date des années 50 », proclame Bruno Le Maire. Il a donc mis en place un comité, rassemblant les acteurs de la filière dont FranceAgriMer, qui devrait débuter en avril. « Je donnerai à FranceAgriMer un vrai pouvoir de regard sur les cotations », a-t-il notifié. La veille, Dominique Langlois avait clairement exprimé dans un groupe de travail qu’« aujourd’hui les cotations ne correspondent à rien du tout. Il faut remettre le reflet du marché à l’instant T ».

Bâtiments, photovoltaïque et méthanisation

« Nous maintiendrons les crédits bâtiments pour la modernisation des élevages », a-t-il affirmé quant à la problématique de la compétitivité. Soupir de soulagement du côté des éleveurs car effectivement de nouveaux bâtiments doivent être réfléchis afin de diminuer les coûts. Ceux d’aujourd’hui sont très consommateurs de paille, bien-être animal oblige, et donc coûteux (1er poste de charge). De plus, il faut tenir compte d’une éventuelle insertion dans ses bâtiments de systèmes de production d’énergie (photovoltaïque ou méthanisation). La conclusion du groupe de travail de prospective est unanime là-dessus et parle d’« un véritable plan bâtiment élevage ». Bruno Le Maire ajoute qu’en termes de production d’énergie, « nous devons augmenter les tarifs du biogaz en France ». Côté photovoltaïque, Xavier Beulin s’était exclamé dans son discours de la veille : « Si l’on gérait nos entreprises comme on a géré le dossier photovoltaïque au ministère, il y a longtemps que l’on serait en faillite, c’est scandaleux ! ».

PAC et OMC sur le tapis

Concernant la PAC, Bruno Le Maire a rejoint les propos de Xavier Beulin : « Nous aurons fait du bon boulot si l’on garde le même budget ». Mais, pour le ministre, « maintenir ce budget, cela ne suffit pas. Nous devons faire en sorte que l’équilibre entre le 1er et le 2e pilier soit maintenu. » Il se montre plus ferme encore en parlant du zonage des régions à handicap naturel puisque la révision devra être faite « non pas en fonction de ce que souhaite la Commission mais en fonction de ce que souhaite la France ». Pour finir, il s’exclame : « Je refuse catégoriquement la conclusion d’un accord entre l’Union européenne et le Mercosur qui se ferait sur le dos des éleveurs. Ce serait injuste moralement et suicidaire économiquement ». Pierre Chevalier a donc eu réponse à son discours, presque point par point, mais certains sujets n’auront tout de même pas été abordés comme la réutilisation des graisses animales dans l’alimentation du bétail ou la pérennité des tests ESB.

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