2 à 5 milliards réclamés à Danone, 2 millions à Carrefour. Le compte y est-il ? C’est le prix de l’insécurité juridique dans laquelle travaillent tous les jours de plus en plus d’entreprises, PME y compris, dès qu’elles explorent de nouveaux marchés au loin ou qu’elles veulent tout bonnement se faire référencer dans des rayons de proximité. Les contrats signés il y a déjà longtemps par Danone avec son partenaire chinois Wahaha, même ajustés au millimètre par les meilleurs avocats, n’ont pu empêcher qu’un grave litige dans lequel chacun se sent floué ne vienne entraver la marche en avant du groupe français dans l’Empire du Milieu. Difficile de croire encore à un règlement amiable quand les deux parties en appellent à des tribunaux différents. L’escalade des dommages et intérêts demandés serait-il un nouvel avatar des séries de surenchères que l’on croyait réservées aux grandes OPA ?
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A une autre échelle, l’acharnement contre Carrefour taxé de 2 millions d’euros à l’issue d’un procès en correctionnelle fait tout aussi désordre et ne saurait réjouir ses fournisseurs. C’est moins que l’amende requise au départ et de peu de poids face aux bénéfices du groupe. Mais il reste l’opprobre pour toute une profession, avec l’affichage du jugement dans les magasins et les journaux. Au motif que les promotions et les efforts sur les prix, même sur pression amicale d’un ministre, et les contrats de coopération commerciale s’accommodent mal de la pure légalité. Cela ne surprendra pas ceux qui ont tant de fois remis sur le métier les textes régissant les relations commerciales.