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Débat Producteurs et distributeurs dénoncent l’effet destructeur du dumping

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Un débat organisé le 21 février par l’association IFLS (pour le développement des liens industrie-commerce) a mis en lumière une convergence de position des producteurs et des distributeurs pour dénoncer l’effet destructeur des prix bas et du dumping.

Sans être d’accord sur tout, des décideurs représentatifs des producteurs et des distributeurs ont montré l’ébauche d’une convergence de vues de plus en plus explicite dans la dénonciation des effets destructeurs de valeur entraînés par la spirale de la baisse des prix. Qu’il s’agisse de Xavier Beulin, président de la FNSEA, de Serge Papin, p.-d.g. du groupe Système U et de Jérôme Bédier, secrétaire général du groupe Carrefour, chacun, pour une raison ou pour une autre, a eu à se plaindre de ces effets négatifs.

Xavier Beulin et Serge Papin : l’objectif est toujours d’avoir les prix alimentaires les plus bas

« Il ne faut pas nier l’hypocrisie de tous les gouvernements, quels qu’ils soient : malgré la petite musique qu’ils nous chantent, tous ont pour objectif d’avoir les prix alimentaires les plus bas », a lancé Xavier Beulin. Pourtant, « sortie exploitation nous sommes les plus performants, mais à l’entrée de la GMS (grande ou moyenne surface) nous sommes les derniers » en matière de compétitivité. À ce propos le président de la FNSEA s’en est pris au dumping pratiqué par les abattoirs allemands, rapportant un fait qu’il a vu dans un de ces abattoirs : sept couleurs de blouses des ouvriers, correspondant à sept nationalités, et à sept conditions de travail différentes, alignées sur les pays d’origine.
De son côté, Serge Papin a battu en brèche le terme de « cherté » des produits alimentaires. « Il faut arrêter de culpabiliser les filières alimentaires. Nous sommes les seuls à porter les problématiques du pouvoir d’achat. Arrêtons d’être moins-disants sur les prix ». Il a démonté un système par lequel les produits de marque sont bradés par les enseignes, ces dernières réalisant leurs marges « sur les PME fournisseurs et les filières agricoles », en leur imposant des tarifs tirés vers le bas. « Je propose que l’on arrête de vendre à prix abusivement bas, si cela entraîne des coûts sociaux ». Il a de nouveau appelé à ce que le gouvernement revoit la Loi de modernisation de l’économie (LME), interdisant la vente à perte.
Enfin, Jérôme Bédier s’est plaint « d’attaques incessantes » de collègues sur les comparaisons de prix, visant le groupe Leclerc principalement. Ces compétiteurs ont les moyens de mener une telle concurrence parce que « la LME leur a donné le pouvoir de vendre à prix de dumping social » puisque le coût des salariés n’est plus compris dans le prix des produits. Jérôme Bédier a proposé de modifier la loi en relevant le seuil de revente à perte d’au moins 5%.

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