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Lait Producteurs et industriels laitiers pourraient améliorer leurs relations

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Tirant les premiers enseignements de la réflexion menée par le groupe d’expert à haut niveau sur le lait mis en place au mois d’octobre en vue d’améliorer le fonctionnement de la filière laitière, la Commission européenne estime qu’il « semble exister une marge pour l’amélioration de relations contractuelles » entre producteurs et industriels, le cadre actuel faisant reposer de façon excessive les risques liés à l’évolution des prix sur les éleveurs. Par ailleurs, la répartition exacte entre les différents Etats membres de l’enveloppe de 300 millions d’euros destinée à soutenir la trésorerie des exploitations fragilisées est désormais connue. Et la grogne des producteurs se poursuit, notamment en France.

Quelque 86 % des livraisons de lait en Europe passent par les coopératives ou par des contrats avec des industriels privés, relève la Commission européenne dans une première note de synthèse des débats menés depuis le mois d’octobre dans le cadre du groupe de réflexion à haut niveau sur le lait qui devait se réunir à nouveau le 10 décembre pour une nouveau « brainstorming » avec les organisations de consommateurs et la grande distribution, avant une nouvelle rencontre le 12 janvier. Malgré la dynamique de concentration observée partout en Europe dans le secteur, les relations contractuelles entre producteurs et transformateurs restent stables, indique-t-elle.

Peu d’emprise sur les prix
Dans le cadre des coopératives, l’essentiel de la relation repose sur la garantie pour les éleveurs individuels d’écouler l’ensemble de leur production et d’influencer de façon partielle les processus de transformation et les prix. Les contrats avec les entreprises privés précisent de façon plus claire les quantités et les prix, mais le pouvoir de négociation de producteurs y reste très limité, décrit la Commission.
Dans les deux cas, les relations contractuelles sont relativement floues sur les volumes de livraison en raison de la saisonnalité et sur le niveau des prix, ce qui place l’essentiel des risques liés à l’évolution des marchés sur les épaules des producteurs et ne contribue pas à réduire la volatilité des cours, indique en substance la Commission. Elle en conclut qu’il « semble exister une marge pour l’amélioration des relations contractuelles ».

Une grande diversité d’un pays de l’UE à l’autre
Toutefois la situation qui prévaut pour les 955 000 producteurs de lait en Europe est très différente d’un Etat membre à l’autre. Les petites structures (moins de 100 tonnes par an) prédominent largement en Roumanie, en Bulgarie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en Hongrie, en Slovénie, en Autriche et dans une moindre mesure en Grèce, en Italie, en Estonie et au Portugal. Les structures moyennes (entre 100 et 500 tonnes) sont très présentes en Espagne, en Allemagne, en Finlande, en Suède, en Belgique, en Irlande au Luxembourg, en France et à Malte. En revanche, les grandes fermes laitières (plus de 500 t) dominent largement le paysage en République tchèque, en Slovaquie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark et à Chypre. Des organisations interprofessionnelles existent officiellement dans sept pays de l’UE (Bulgarie, Espagne, France, Portugal, Roumanie, Suède, Italie). Mais c’est en Italie et en France qu’elles jouent, selon Bruxelles, un rôle important dans la définition des relations contractuelles entre producteurs et transformateurs.

61 millions d’euros pour l’Allemagne, 51 M pour la France
Par ailleurs, la Commission européenne et les Etats membres de l’UE sont parvenus, le 3 décembre, à un accord sur la répartition de l’enveloppe de 300 millions d’euros prévue pour venir en aide à la trésorerie des exploitations laitières durement frappées par la crise. Les sommes seront attribuées de la façon suivante : Belgique 7,21 millions d’euros, Bulgarie 1,84, République tchèque 5,79, Danemark 9,86, Allemagne 61,20, Estonie 1,30, Irlande 11,50, Grèce 1,58, Espagne 12,79, France 51,13, Italie 23,03, Chypre 0,32, Lettonie 1,45, Lituanie 3,10, Luxembourg 0,60, Hongrie 3,57, Malte 0,08, Pays-Bas 24,59, Autriche 6,05, Pologne 20,21, Portugal 4,08, Roumanie 5,01, Slovénie 1,14, Slovaquie 2,03, Finlande 4,83, Suède 6,43, Royaume-Uni 29,26.

Mouvement de grogne persistant en France
Malgré ces fonds, qualifiés par l’organisation Via Campesina « d’aides pour calmer les manifestants », les mouvements de producteurs se poursuivent, notamment en France. L’Apli (Association des producteurs laitiers indépendants) a annoncé, le 10 décembre, avoir entamé des discussions avec les syndicats de routier, eux aussi mobilisés pour des questions de revenus, pour examiner les possibilités d’actions collectives visant à « tout bloquer » à l’approche des fêtes de fin d’année. « On a de quoi perturber les fêtes de Noël. C’est malheureux d’en arriver là, mais c’est intenable. On veut vivre de notre métier », a expliqué leur représentant, Pascal Massol, en marge d’une réunion de l’Apli, dans le Sud Ouest. Les producteurs ne se satisfont pas de l’embellie des cours observée ces dernières semaines. Ils réclament un prix minimum entre 350 et 400 euros les 1000 litres contre les 262 à 280 euros payés actuellement.

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