Abonné

Sucre européen/Polémique Producteurs et industries utilisatrices de sucre s’affrontent par eurodéputés interposés

- - 4 min

Les industries utilisatrices de sucre de canne estiment que l’approvisionnement du marché en sucre n’est pas suffisant et que la gestion du marché par la Commission européenne a favorisé la filière de la betterave-sucre au détriment de l’industrie du raffinage. Elles demandent par conséquent à Bruxelles d’augmenter les importations de sucre de canne en provenance du marché mondial et des pays partenaires non préférentiels (en dehors des pays ACP notamment). « Faux », rétorquent les betteraviers : le marché est suffisamment approvisionné dans la mesure où les importations préférentielles ont été complétées par des importations non-préférentielles aussi bien par du sucre blanc que du sucre brun. La Commission est donc appelée à jouer les arbitres...

À l’occasion d’un débat organisé par la commission de l’agriculture du Parlement européen le 17 septembre, les industries européennes utilisatrices de sucre ont confirmé leur souhait de voir les quotas de sucre et d’isoglucose disparaître à l’horizon de l’an 2015 « comme l’a proposé la Commission européenne » et ont demandé aux eurodéputés de soutenir le développement d’une chaîne d’approvisionnement du marché en sucre qui soit « équitable, équilibré et durable ». Elles se disent favorables au dépôt d’amendements de la part des eurodéputés – dans le cadre des débats actuels sur la réforme de la Pac – qui offrent « des propositions constructives pour améliorer l’approvisionnement du marché en sucre et en isoglucose à travers l’Europe, à la fois par des producteurs européens et par des producteurs de pays tiers ». Les industries utilisatrices de sucre considèrent que le système actuel des quotas est « ingérable » dans la mesure où les pénuries de sucre se poursuivent en dépit des mesures d’urgence prises par Bruxelles et que cette situation affecte « le potentiel de croissance et la compétitivité internationale de l’industrie européenne ». Elles considèrent que la production européenne de sucre est « assez robuste pour faire face à une plus grande libéralisation du marché ».
 
Fabricants de sucre européens sur la gestion actuelle du secteur du sucre
« Que nenni », répondent les producteurs européens de sucre de betteraves : « Le rôle de la Commission européenne est de veiller à ce qu’il y ait suffisamment de sucre disponible pour les utilisateurs et les consommateurs et non pas à garantir l’approvisionnement en sucre blanc ou en sucre de canne ». Par la voix de leur porte-parole, le CEFS (Comité européen des fabricants de sucre de l’UE), elles soutiennent que la politique d’importation de l’Union européenne « doit être fondée sur les besoins du marché de l’UE plutôt que sur les capacités de raffinage des industries ». Elles rappellent en outre que lorsque la Commission a jugé que les approvisionnements du marché n’ont pas été suffisants, « elle n’a pas favorisé un modèle de production par rapport à un autre ». Mieux : au cours des deux dernières années, la Commission a autorisé la mise sur le marché de sucre hors quota sur le marché et a permis des importations supplémentaires à droit de douane nul ou réduit. Un brin provocateurs, les producteurs rappellent que les « raffineurs ont reçu 150 millions d’euros dans le cadre du processus de restructuration des entreprises sucrières, mais que peu de choses ont été réalisées ». Ceci est le résultat de décisions commerciales prises par les entreprises individuelles. Pour eux, « le marché du sucre est actuellement en équilibre et les problèmes de surcapacité ne doivent pas être réglés par un changement de la politique commerciale européenne sur le dos des producteurs de betterave-sucre ». Bien que conscients que le système des quotas doit disparaître à terme, ils se disent « favorables à l’OCM unique pour le sucre jusqu’en 2020 ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre