Producteurs et syndicats de travailleurs du secteur du sucre demandent la mise en place d’un fonds de restructuration afin d’atténuer l’impact social de la « crise » que traverse cette industrie.
La Fédération européenne des syndicats de l'alimentation, de l'agriculture et du tourisme (Effat) et le Comité européen des fabricants du sucre (CEFS), réunis le 29 octobre dans le cadre de leur dialogue social, réclament la mise en place d'un fonds de restructuration afin d'atténuer l'impact social de la « crise » qui secoue actuellement le secteur. Selon les deux organisations, celui-ci est menacé par le niveau élevé de l’offre au cours des campagnes précédentes, par des règles qui avantagent des pays tiers comme l'Inde, le Brésil et la Thaïlande, par la chute des prix, à des niveaux proches du seuil minimum, ainsi que par le démantèlement des quotas de production en 2017, avec des conséquences sociales que l’UE doit prendre en compte.
Pertes et emploi
L’Effat et le CEFS plaident donc pour la création d’un fonds pour soutenir les opérateurs « qui ont déjà fait des efforts importants et consacré des ressources considérables pour s'adapter à un marché en mutation ».
Celui-ci servirait à : atténuer l'impact social « inévitable » de la poursuite de la restructuration et à compenser, en partie, les pertes des entreprises, des planteurs de betteraves et des entreprises de machines sous-traitantes, compte tenu des fermetures et de la perte de valeur des investissements pour l'industrie ; veiller à ce que tous les travailleurs aient la possibilité de développer leurs compétences, pour faciliter les mouvements entre les entreprises et entre les secteurs si besoin ; soutenir la promotion d'activités alternatives à la production de sucre et à la culture de la betterave, et maintenir ainsi des revenus dans les zones rurales.
Une contribution « importante » au budget de l’UE
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Le secteur du sucre a été et demeure un contributeur important au budget communautaire (12 € par tonne de sucre produite sous quota), à hauteur de 162,6 millions € en 2014, soulignent les deux organisations.
De plus, ajoutent-elles, pour approvisionner le marché intérieur avec des quantités supplémentaires de sucre, la Commission européenne a adopté des mesures exceptionnelles (adjudications à l’importation, mise sur le marché de sucre hors quota) qui « ont apporté 453 M € de plus au budget de l’Union ».
Un programme communautaire de restructuration avait été mis en œuvre de 2006 à 2010 dans l’UE, aboutissant à l’abandon de 5,77 millions de tonnes de quotas de sucre (1).
(1) Voir n° 3237 du 01/02/10