Beena Paradin Migotto et Yannick Migotto, les fondateurs de Beendhi, cèdent la majorité du capital à quatre fonds : Triodos, Quadia et Spice Capital, emmenés par Daphni. Le fabricant de mélanges de céréales et d’aides culinaires pour confectionner des plats végétariens et bio veut multiplier ses ventes par quatre en deux ans.
Beendhi passe à la vitesse supérieure : l’entreprise, créée en 2013, bien avant que la vague végétale ne prenne toute sa force, réalise sa première levée de fonds. Pour l’occasion, 4 fonds se sont rassemblés pour réunir 4 millions d’euros, détenant désormais la majorité du capital. Les fondateurs, Beena Paradin Migotto et Yannick Migotto, conservent toutefois une « part significative » selon eux, et surtout la direction de l’entreprise.
Beendhi, jusque là discret sur les chiffres clés de son activité (Agra Alimentation du 21 novembre 2017), a réalisé « près de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, et un peu moins de 2 millions en 2017 », indique Yannick Migotto, qui ne donne pas de détails sur la rentabilité. Les ventes ont représenté « 5 millions de portions de 75 g. » grâce à un catalogue de 15 recettes, 6 d’assaisonnement et 2 d’infusions. L’entreprise, basée à Ivry-sur-Seine, propose des préparations culinaires végétales et biologiques prêtes à cuisiner sous la forme de mélanges secs, en vrac ou en étui. Elle est ainsi la seule à proposer des mélanges en vrac prêts à l’emploi pour lesquels sont proposés des recettes affichées sur les silos .« Les recettes sont très simples à préparer en ajoutant seulement de l’eau », précise Beena Paradin Migotto. L’entrepreneur s’est inspirée de la gastronomie indienne pour créer ses premières recettes, mais le catalogue s’est enrichi et comprend aujourd’hui des recettes méditerranéennes.
Etoffer la gamme
Les produits sont bien implantés dans la distribution spécialisée biologique avec 1500 points de vente, sous sa marque, et dans la GMS avec 500 points de vente sous la marque Alaya. La levée de fonds va permettre d’accélérer le développement de l’entreprise : « Nous souhaitons étoffer notre catalogue de produits en passant à 500 recettes à terme », explique Yannick Migotto. Pour cela, les dirigeants de la marque souhaitent décliner leur concept de recettes appétissantes, équilibrées, végétales et biologiques au traiteur frais. « L’offre actuelle en magasin n’est pas satisfaisante en termes de goût et de nutrition », constate Beena Paradin Migotto. « Nous voulons proposer une assiette complète végétarienne, équilibrée et qui apporte de la nouveauté aux mangeurs qui sont de plus en plus nombreux à vouloir une alternative à la protéine animale », poursuit-elle. Outre la distribution, l’offre permettra de viser le snacking ou la restauration qui sont en attente de recettes végétariennes.
Investir dans la production
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pour réaliser ce véritable tournant, Beendhi prévoit d’investir dans les outils de production. « Nous allons ouvrir cette année notre deuxième site de production qui sera dans le sud-est de la France », prévoit Yannick Migotto. L’idée est aussi de rapprocher les ateliers des zones de production des matières premières et des clients. Une approche qui se veut fidèle aux valeurs que porte la marque en faveur du développement durable.
Le digital est un autre volet important de l’avenir de Beendhi qui compte davantage s’appuyer sur les nouvelles technologies appliquées à l’élaboration de ses recettes et aux approvisionnements. Le e-commerce est aussi un canal de distribution directe des produits, y compris en gros contenants pour les professionnels. Et l’entreprise va investir massivement sur les réseaux sociaux pour se faire connaître, et partager les recettes qu’il est possible d’élaborer à partir de ses mélanges.
D’ici deux ans, les créateurs de Beendhi se fixent des objectifs ambitieux : ils veulent multiplier par 4 le chiffre d’affaires de l’entreprise. « On veut devenir un grand acteur de l’alimentation de demain », assure Yannick Migotto. En se déployant, pourquoi pas, à l’international, en y implantant des centres de production. Un développement qui nécessitera peut-être de nouvelles levées de fonds, qui, pour l’instant, ne sont pas au programme des dirigeants de Beendhi.
Qui sont Daphni, Triodos, Quadia et Spice Capital ?
La levée de fonds de 4 millions d’euros a été faite auprès de 4 fonds d’investissement. Le fonds parisien Daphni (chef de file de l’opération) qui gère environ 200 M€ est présent au capital de 25 entreprises. Parmi ses dernières opérations dans le secteurs de l’agtech et de la foodtech : Agricool (culture en container) et Ekim, créateur de Pazzi, le robot à pizza. Triodos Finance est la branche française de la « banque durable » néerlandaise Triodos qui investit dans des projets à impact. Le suisse Quadia, qui a investi près de 170 M$, est spécialisé dans la finance sociale et environnementale ; il est déjà au capital des Coteaux nantais, d’Ynsect et de la Ruche qui dit oui. Quant au family office londonien Spice Capital, regroupant des capitaux issus du secteur agroalimentaire britannique (environ 100 M€ sous gestion), il signe avec Beendhi son premier investissement en France. Plutôt spécialisé sur le secteur santé, il s’intéresse désormais à l’agroalimentaire.