Abonné

International/Développement Produire au-delà des frontières, un passage obligé pour Emmi

- - 3 min

Le groupe laitier helvétique s’est lancé dans une politique d’acquisitions de capacités de production supplémentaires sur les continents américain et européen.

Confrontées à la hausse du franc suisse, considéré comme une valeur refuge, et à un marché suisse limité et peu dynamique (les ventes d’Emmi sur le marché suisse devraient reculer de 2 à 4 % en 2016), les entreprises suisses – à l’instar du leader laitier – n’ont pas d’autre choix que de se développer au-delà des frontières. Emmi a opté pour cette stratégie il y a plusieurs années, notamment en se dotant de dix-sept sites de production à l’étranger et en y réalisant 44 % de ses ventes. Le directeur général d’Emmi Urs Reidener l’a rappelé mi-juin : « Nous sommes toujours à la recherche d’acquisitions, mais nous ne nous mettons pas la pression. » L’entreprise est présente aujourd’hui sur treize marchés au travers de ses filiales, et se fixe pour objectif d’être dans quinze à dix-huit pays à moyen terme. Le but est d’arriver à la moitié des ventes effectuées en dehors de la Suisse. Le groupe laitier cherche avant tout à se positionner sur des marchés de niche à forte rentabilité comme le lait de chèvre, le lait biologique ou les produits sans lactose. L’entreprise compte sur le marché américain, son premier marché extérieur, dont la consommation devrait être stable en 2016 (Agra Alimentation du 7 avril 2016).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

entreprises
Suivi
Suivre
politique
Suivi
Suivre

En 2015, Emmi a acquis JL Freeman (22,9 millions d’euros de ventes l'an dernier), l’un des principaux importateurs canadiens de fromages, qui fait plus de la moitié de son activité avec les fromages suisses. Cette acquisition à 100 % permet à Emmi de renforcer sa présence sur le marché nord-américain. Aux Etats-Unis, le groupe suisse a acquis Redwood Hill Farm (18,3 millions d’euros de ventes en 2015), actif dans la transformation de lait de chèvre, le sans lactose et le bio. Et au cours du premier semestre de cette année, les achats se sont poursuivis à un bon rythme avec la montée au capital du chilien Surlat (81 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015) par l’intermédiaire de l’espagnol Kaïku, du néerlandais Bettinehoeve (40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015), de l’allemand Gläserne Molkerei (100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015), puis la prise de contrôle, en Californie, de Cowgirl Creamery Corporation et Tomales Bay Foods (17,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015).