En s’engageant à associer leur savoir-faire sur les biocarburants, George W. Bush et le président brésilien Lulla ont hissé les biocarburants au rang d’un produit stratégique.
Ceci a des avantages mais aussi des risques pour les producteurs européens. D’une part, cela confirme qu’il est urgent de développer, le plus rapidement possible, de vraies filières industrielles bioéthanol et biodiesel. La maîtrise de la technologie, autant que des surfaces consacrées aux biocarburants, va faire l’objet d’une course dont on n’imagine sans doute pas les progrès possibles.
D’autre part, c’est aujourd’hui, voire dans un très proche avenir, que les places vont se prendre en tant que fournisseur de biocarburants à tous les pays de la planète.
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L’inconvénient, c’est que, justement, Bush et Lulla viennent, implicitement, d’annoncer qu’ils tiennent à conserver le leadership de ce nouveau marché stratégique. Cela a trois conséquences : de nombreux pays vont se proposer de produire du bioéthanol, ne serait-ce que pour subvenir aux besoins énormes des États Unis.
En second lieu, l’Europe va donc se trouver en concurrence avec des pays qui produiront à très bas prix alors même qu’on demande aux producteurs agricoles de respecter des normes environnementales.
Enfin, c’est de nouveau le problème classique de l’agriculture qui va se poser : il faudra que l’Europe accepte elle-même — et réussisse à imposer aux autres — une forme de préférence communautaire pour les biocarburants. Autrement, rien n’empêchera des pays comme la Suède aujourd’hui, d’aller faire ses achats au Brésil.