La Commission européenne vient de lancer une consultation publique visant à recueillir les avis des parties prenantes en vue de soutenir et d’encourager le développement durable de l’aquaculture dans l’Union. Un dossier qui intéresse au premier chef la France.
La consultation lancée par la Commission européenne s’adresse aux autorités nationales et locales, aux particuliers et aux organisations intéressées et a pour objectif de recueillir leur point de vue sur la « méthode ouverte de coordination pour l’aquaculture dans l’UE ». Cette procédure permettra à la Commission européenne et aux États membres de l’UE de collaborer pour soutenir et encourager le développement durable de l’aquaculture dans l’UE (poissons, crustacés, coquillages, algues). La méthode ouverte de coordination pour l’aquaculture est une procédure qui repose principalement sur la participation à des ateliers régulièrement organisés sur les bonnes pratiques, qui permettent aux autorités nationales de partager leurs connaissances et d’échanger des informations sur la simplification et l’efficacité de la réglementation, afin de promouvoir la croissance dans ce secteur. L’UE octroie aussi des financements pour aider les États membres à atteindre leurs objectifs et contrôle régulièrement les progrès réalisés et les actions mises en œuvre par les États membres. La méthode ouverte de coordination pour l’aquaculture a été instaurée au titre de la Politique commune de la pêche, entrée en vigueur en 2014. Dans ce cadre, les États membres ont préparé des Plans nationaux pluriannuels pour l’aquaculture, sur la base des orientations stratégiques de la Commission. Ces plans présentent leurs objectifs de développement jusqu’en 2020.
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Représentant plus de 80 000 emplois directs, la production aquacole totale de l’UE est restée globalement stable depuis 2000 (autour de 1,2 million de tonnes par an) en dépit d’une croissance de la production mondiale d’environ 7 % par an. La France est le deuxième pays pour la production de l’aquaculture en Europe parmi les quatre autres principaux contributeurs : le Royaume-Uni (le premier en valeur), l’Espagne (le premier en volume), la Grèce (production piscicole) et l’Italie. La France contribue principalement à la production européenne de mollusques (52 % en valeur en 2012), en particulier dans les huîtres (90 % en valeur). Au niveau européen la part de l’aquaculture dans la production de produits aquatiques augmente légèrement – beaucoup moins qu’au niveau mondial – mais les perspectives d’augmentation tendancielle de la part "aquaculture" dans l’approvisionnement restent les mêmes qu’au niveau mondial.
Au sein de l’UE, et particulièrement pour les produits aquatiques, la consommation alimentaire s’oriente vers des produits de qualité croissante, ce qui est, de plus en plus, considéré comme un avantage concurrentiel important pour les aquacultures de l’UE. Les orientations stratégiques préconisées par l’UE pour le développement durable de l’aquaculture s’appuient sur le constat suivant : le marché des produits de la mer de l’UE est actuellement approvisionné par les pêcheries de l’UE (25 %), par des importations (65 %) et par l’aquaculture de l’UE (10 %). La consommation apparente totale de l’UE des produits de la pêche et de l’aquaculture a atteint quelque 13,2 millions de tonnes. Les données disponibles indiquent un écart croissant – estimé à 8 millions de tonnes – entre le niveau de consommation de produits de la mer dans l’UE et le volume de captures provenant des pêcheries. Bruxelles considère que la Commission et les États membres peuvent contribuer à combler partiellement cet écart grâce à une aquaculture de l’UE durable du point de vue environnemental, social et économique. Ce déficit d’offre est particulièrement vrai pour les productions piscicoles marines – particulièrement en France – avec un potentiel de développement important au regard des implantations déjà existantes.