La Commission européenne parcourt la planète pour défendre son modèle de protection des produits agricoles locaux et pousser les agriculteurs des pays tiers à se convertir à leur tour au régime protecteur des indications géographiques. Mais la foi n’y est plus. Dans le livre vert sur la qualité des produits agricoles qu’elle présentera à l’automne prochain, la Commission n’arrive pas à cacher sa lassitude à l’égard de ce mécanisme mangeur de temps pour les équipes responsables de l’enregistrement des nouvelles appellations et dévoreur d’énergie pour les diplomates chargés de les défendre aux quatre coins du monde. Bruxelles ne nie pas l’intérêt des indications pour quelques produits fortement liés à un terroir et à vocation exportatrice. Or, la barre des 3 000 indications a été franchie et la plupart des dossiers qui lui sont soumis désormais concernent des produits n’ayant pratiquement aucune chance sur les marchés internationaux. Il ne s’agit pas de solder un système qui a permis d’engranger quelques réussites spectaculaires – à Parme ou à Roquefort notamment. Il s’agit plutôt pour Bruxelles de mettre un peu d’ordre dans ses registres. La Commission veut se concentrer sur les produits qui en valent la peine. Et fermer doucement les portes du système aux milliers de recettes qui font la richesse culinaire de l’Europe, mais qui pourraient bien se contenter d’une simple marque.
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