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Produits toxiques : les bases de la sécurité sanitaire remises en cause

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Comment expliquer les « épidémies » selon un terme de l'OMS, qui frappent les pays industrialisés : cancers, maladies neurologiques (parkinson et Alzheimer) ou auto-immunes, diabète, obésité, troubles de la reproduction ? Les pollutions diffuses et quotidiennes en seraient-elles la cause ? En ce cas, la protection que doivent assurer les réglementations, est-elle suffisante ? Ces réflexions tendent la dernière enquête signée de Marie-Monique Robin qui sera diffusée le 15 mars sur Arte. Elle s'intéresse notamment au concept de Dose journalière admissible (DJA), sur laquelle est fondé le calcul de l'exposition sans danger de l'homme aux produits toxiques et constate que la base scientifique de ce concept est introuvable. La DJA repose sur l'idée de Paracelse que « la dose fait le poison », elle n'a jamais été vérifiée et elle est particulièrement erronée quand il est question d'hormone ou de perturbateurs endocriniens comme l'expliquent les scientifiques interviewés. Les bases scientifiques de la notion de Limite maximale de résidu (LMR), l'autre clef du calcul de la sécurité sanitaire, ne sont pas plus étayées. Autrement dit, toute la construction de notre système de sécurité sanitaire repose sur des notions peu fiables, ce qui expliquerait l'exposition des populations aux produits toxiques. Les Américains ont fait ce constat et donné un nom à cette charge de produits toxiques : the toxic body burden. Le film de presque deux heures, intitulé Notre poison quotidien, incite à une révision des règles de sécurité sanitaire et à un autre mode de production agricole et agro-alimentaire.

Notre poison quotidien, Marie-Monique Robin, Arte, 15 mars à 20 h 40