Après deux ans de travail, le syndicat professionnel Brasseurs de France a annoncé la création de la marque de qualité "Profession brasseur" qui devrait faire son apparition sur les produits dans le courant du semestre. Cette marque gérée par Certipaq prévoit 420 critères de sélection sur l’origine, la qualité et le savoir-faire. Déjà trois brasseries ont obtenu la certification pour trois de leurs produits et plus de ving ont fait acte de candidature.
Brasseurs de France a annoncé le 20 février le lancement de la première marque collective de qualité sur la bière. La naissance de la marque "Profession brasseur" "est une grande fierté. Cette marque de qualité va être un vrai signe de ralliement pour les brasseurs et un accompagnement des consommateurs face à l’engouement qui caractérise actuellement le marché français de la bière", a annoncé François Loos, le président du syndicat professionnel. Très dynamique ces dernières années, le marché français compte aujourd’hui quelque 1 100 brasseries, soit un quasi-doublement depuis trois ans, ou une brasserie créée tous les trois jours, avec de 4 000 marques et un nombre encore plus grand de références. "En 2017, le marché de la bière a enregistré une croissance de 2,7 % (CHR + GMS) et cette tendance devrait se poursuivre à l’avenir", pronostique Maxime Costhiles, le délégué général de Brasseurs de France.
Fruit de deux ans de travail, la marque "profession brasseur" répond à trois objectifs. Tout d’abord "permettre aux consommateurs de se repérer face à une offre toujours plus large, ensuite garantir la qualité et enfin promouvoir l’excellence de la bière française", a expliqué Maxime Costhiles. Tous les brasseurs qui le souhaitent, qu’ils soient adhérents ou pas au syndicat (qui est le propriétaire de cette marque) peuvent s’engager dans cette nouvelle démarche. Pourtant, un des critères est un frein pour certains brasseurs puisqu’il faut pouvoir prétendre de trois ans d’expérience ou avoir le titre de brasseur, ce qui dans un premier temps élimine environ 500 brasseurs sur les 1 100 répertoriés, selon les responsables du syndicat.
Les candidats s’engagent alors sur trois critères : d’origine, de qualité et de savoir-faire. Le cahier des charges, établi par des brasseurs et certifié par un organisme certificateur indépendant Certipaq, contient 420 critères d’évaluation. Ces critères doivent notamment garantir la qualité des produits, leur traçabilité, les règles d’hygiène, le respect des étapes de production "afin de garantir le savoir-faire brassicole français et la qualité du produit fini". Ils "sont susceptibles d’évoluer dans le temps, notamment pour un renforcement sur l’origine des matières premières", prévient Maxime Costhiles.
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"Au 20 février, plus de 20 brasseurs* avaient fait acte de candidature pour entrer dans la démarche ", a précisé Maxime Costhiles, qui espèrent voir arriver d’autres candidats rapidement. Trois brasseurs ont déjà été certifiés : La brasserie la Choulette (Haut-de-France) dirigée par Alain Dahussy pour sa bière blonde, la brasserie familiale Duyck (Haut-de-France), dirigée par Mathieu Duyck pour sa Jenlain ambrée et la brasserie artisanale (Grand Est) la Grenouille Assoiffée, fondée par Caroline Ernst et Jean-Marc Lichtlé pour sa bière blonde. Ces trois bières nouvellement estampillées apparaîtront prochainement dans les commerces, le temps de "coller" les étiquettes. Pour les brasseurs qui souhaitent rejoindre la démarche, le coût est de 800 euros pour une journée d’audit par Certipaq, auquel s’ajoute l’impression des macarons. La certification est donnée pour deux ans. Une majorité des brasseurs ayant généralement déjà des certifications de qualités de type ISO, l’obtention de cette nouvelle marque ne devrait pas nécessiter d’investissement particulier.
Cette nouvelle marque "Profession brasseur" est vue par ses utilisateurs comme un moyen d’asseoir leur savoir-faire et la qualité de la bière française dans le respect de tradition parfois ancestrale, dans un marché de la bière très concurrentiel. Elle est aussi perçue comme un bon moyen de se développer à l’export. La France, troisième brasseur européen, exporte finalement assez peu ses produits, avec environ 5 % de ses produits vendus à l’international. D’une croissance essentiellement domestique, certains brasseurs espèrent donc trouver des relais de croissance à l’international grâce à cette nouvelle marque collective de qualité française.
* Les 20 brasseurs engagés : Brasserie artisanale du Sud, Blondel, Bourganel, des Cimes, du Mont-Blanc, du Sornin, du val de Drôle, du Vercors, Larché, Rouget de l’Isle, de Vezelay, de Bellfois, des Gabariers, Mascaret, de l’Esterel, de Monaco, Uberach, des 3 loups, Rabourdin et Saint-Germain.