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Marchés internationaux Profiter d’un calme relatif pour se préparer à de futures turbulences

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La FAO, qui accueillait le 7 octobre la deuxième réunion ministérielle sur les cours mondiaux des denrées alimentaires, conseille de ne pas baisser la garde et de profiter du calme relatif actuel sur les marchés pour se préparer à de futures turbulences et trouver des solutions durables aux problèmes liés à la volatilité des prix.

La deuxième réunion ministérielle sur les cours mondiaux des denrées alimentaires s’est tenue le 7 octobre à Rome dans un climat moins agité que celle d’octobre 2012, lorsqu’il s’agissait faire face à la troisième flambée des cours mondiaux des céréales en cinq ans. « Les cours internationaux ont reculé, mais ils restent supérieurs à leurs niveaux historiques. Et les prix devraient rester volatils au cours des prochaines années », a toutefois averti le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, devant une trentaine de participants.
 
Volatilité des prix persistante au cours des prochaines années
« Les perspectives des marchés internationaux des produits vivriers de base sont enfin plus calmes cette année, a constaté José Graziano da Silva. La production céréalière a rebondi et des coefficients stocks-utilisation plus élevés devraient apporter une plus grande stabilité aux prix. L’Indice FAO des prix des céréales est inférieur de 20 % à celui d’il y a un an ».
Pourtant, le directeur général de la FAO a vivement recommandé aux ministres de tirer parti de cette période de calme relatif pour se préparer à la future turbulence des marchés et dégager des solutions durables aux problèmes liés à la volatilité des prix.
Une volatilité qui « affecte notamment les plus vulnérables », a rappelé pour sa part Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture : petits producteurs africains, petites exploitations familiales dans les pays les pays les plus développés et les plus fertiles, tandis que « les acteurs nouveaux, récemment capitalisés, des investisseurs attirés par le trend positif de long terme des marchés agricoles, ont, en général, la capacité à passer les caps difficiles ».
« Je n’oppose pas les bons et les mauvais », a assuré le commissaire européen, mais « notre responsabilité me semble être de faire en sorte que ces différents modèles d’agriculture coexistent en complémentarité ».
 
Éviter le « productivisme brut »
Selon le directeur général de la FAO, le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), lancé par le G20 en 2011, s’est avéré un outil efficace dans la lutte contre la volatilité excessive des prix, offrant des informations dignes de foi et renforçant la transparence des marchés alimentaires.
Et, pour Dacian Ciolos, « la suite naturelle à AMIS devrait être une réflexion sur les stocks de crise ». Sur ce point, a-t-il dit, « il semble que les choses avancent », notamment dans certains pays d’Afrique, qui combinent ces stocks avec des instruments de gestion de marchés.
Le commissaire européen a jugé néanmoins « important dans ces cas de prendre en compte les limites avérées de tels mécanismes et de contribuer ensemble à des instruments adaptés à la nouvelle génération de politiques agricoles qui évitent le productivisme brut provoquant des surproductions structurelles et l’épuisement des ressources naturelles ».
Par ailleurs, le ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a évoqué le 7 octobre à Rome avec son homologue algérien l’idée d’un « AMIS pour la Méditerranée », qui sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de la région prévue le 27 novembre à Alger.
 
Biocarburants et sécurité alimentaire
La réunion ministérielle du 7 octobre coïncidait avec l’ouverture de la 40e session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale qui se poursuivait jusqu’au 11 octobre au siège de la FAO. Le CSA est une plateforme internationale et intergouvernementale consacrée à la sécurité alimentaire et la nutrition à l’échelle internationale.
Durant cette session d’une semaine, deux thèmes notamment devaient être abordés : les biocarburants et la sécurité alimentaire, les investissements dans la petite agriculture. Ils ont fait l’objet d’études présentées en juin dernier par le Groupe d’experts de haut niveau (HLPE) du CSA.
Des associations représentant les producteurs d’éthanol du Canada, des États-Unis et d’Europe ont adressé à cette occasion une lettre aux membres du HLPE pour dénoncer de « nombreuses failles dans le processus d’élaboration » de leur étude et leur demander d’en dévoiler les sources. L’Alliance globale pour les carburants renouvelables (GRFA), qui les regroupe, a réclamé purement et simplement le « retrait » de cette étude.
Celle-ci affirme que la production mondiale de biocarburants a été multipliée par cinq durant la période 2001-2011.

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