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 Peste aviaire Progression alarmante du virus en Asie de l’est

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 La propagation de la grippe aviaire en Asie de l’Est inquiète vivement l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui redoute qu’une multiplication des foyens d’infection rende le virus plus dangereux pour l’homme. La situation était particulèrement préoccupante en Thaïlande, où la maladie semblait avoir été détectée chez un enfant. Mais l’UE attendait une confirmation officielle avant de suspendre les importations de poulet originaires de Thaïlande. Les experts internationaux redoutent également une extension de la maladie à la Chine, où les autorités se montrent avares d’informations.

La Thaïlande démentait le 22 janvier avoir été gagnée par la grippe aviaire mais le sénateur Nirun Phitakwatchara, président de la commission sénatoriale du développement social et de la sécurité humaine, affirmait qu'un garçon de 7 ans hospitalisé dans un état grave dans la province de Suphan Buri dans le centre avait été contaminé par ce virus. Le garçon vient d'une des provinces centrales où un million de poulets sont morts depuis trois mois, officiellement de choléra et bronchite. Au total, depuis novembre, la Thaïlande aurait procéder à des abattages sanitaires sur plus de six millions de poulets.

Le sénateur accuse le gouvernement d'avoir menti pour protéger l’industrie du poulet. La Thaïlande produit plus d’un milliard de poulets par an et en a exporté 540 000 tonnes l’an dernier, dont166 000 tonnes vers l’UE et 270 000 t vers le Japon. Ce pays a suspendu ses importations de poulet dès le 22 janvier, sans attendre les résultats des tests officiels.

Des foyers de grippe aviaire ont déjà été découverts en Corée du Sud, au japon et à Taiwan, ainsi qu’au Vietnam, le pays le plus touché.

Mise en garde de l’OMS

L'OM a mis en garde le 22 janvier contre un risque accru de transmission de la grippe aviaire à l'homme à la faveur d'une mutation du virus et de sa propagation en Asie. «Nous sommes de plus en plus inquiets de voir les infections dues au virus H5N1 gagner les élevages de volailles de nouveaux pays asiatiques», a déclaré Bod Dietz, porte-parole de l'OMS au Vietnam.

«Bien que nous n'ayons pas de preuve de transmission de l'homme à l'homme, la prochaine étape risque de voir cela se produire. Il est impossible de prédire une date mais les occasions d'une évolution du virus et de sa propagation aux populations humaines augmentent», a-t-il dit.

Des épidémies ou flambées plus ou moins importantes ont déjà affecté des élevages au Vietnam, où elles ont fait au moins cinq morts dans la population et où 17 personnes restent hospitalisées, en Corée du sud, au Japon et à Taiwan. Un faucon porteur du virus H5N1 a également été retrouvé mort à Hong Kong.

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«Plus le virus se propage, plus il y a de chance qu'il change de forme», a expliqué M. Dietz.

La transmission du virus de l'homme à l'homme et plus seulement de l’oiseau à l’homme rendrait le virus beaucoup plujs contagieux.

L’inquiétant silence de la Chine

L’OMS a demandé à la Chine de lui fournir plus d'informations sur la grippe du poulet, prévenant que cette maladie, si elle venait à se répandre dans le pays le plus peuplé du monde, pourrait être pire que le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère). L'OMS a notamment demandé à la Chine des détails sur ses exportations de volailles vers les pays voisins où cette maladie est récemment apparue.

Pékin, qui n’ a fourni aucune information, « se contente d'affirmer qu'il n'y pas de risque en Chine», a déclaré Jeffrey Gilbert, un expert de l'OMS.

Le fait que la Chine ait apparemment été épargnée soulève des doutes sur d'éventuelles cas cachés, suite au secret maintenu l'année par les autorités sur les premiers cas de SRAS. (AC)