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Biocarburants Projet de 3 millions d’hectares de cultures au Bénin

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Le gouvernement du Bénin cherche à développer les cultures de biocarburants, pour l’exportation, sur trois millions d’hectares, a indiqué le 25 novembre Nestor Mahinou, agriculteur et secrétaire exécutif de Synergie paysanne, un syndicat agricole du pays.

Le gouvernement du Bénin cherche à mettre en cultures trois millions d’hectares de plantes comme le manioc, la canne à sucre, le tournesol, le palmier à huile, le jatropha et le coton, pour produire des biocarburants destinés à l’exportation. C’est ce qu’a signalé Nestor Mahinou, agriculteur et secrétaire exécutif de Synergie paysanne, lors d’une conférence de presse organisée le 25 novembre par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

Des firmes d’Italie, France, Chine et Indonésie

Pour cela, le gouvernement du Bénin fait appel à des sociétés étrangères d’Italie (Green Waves), de France (Dagris), de Chine et d’Indonésie (Indobénin corporation). Déjà la société italienne Green Waves a démarré des plantations de tournesol sur 250 000 hectares pour fabrication de biodiesel. La société indonésienne Indobénin compte planter des palmiers à huile tandis que Dagris projette d’accroître les surfaces de coton, culture d’exportation déjà présente dans le pays pour la fibre, mais cette fois il s’agirait de développer la production de graines pour l’huile afin d’exporter du biodiesel. De son côté, des ressortissants chinois, qui exploitent depuis cinq ans une usine de production d’alcool de manioc à Glazoué, dans le centre du pays, aident les paysans béninois à accroître leurs surfaces de manioc. Enfin, l’assistance technique devrait être fournie par des universités brésiliennes.

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Achat et location de terres

« Ces entreprises louent ou achètent des terres à des paysans à des conditions très alléchantes », a rapporté Nestor Mahinou : « Pour les deux hectares que je cultive en tomates et céréales pour le marché local, et qui m’ont coûté 250 000 francs CFA, ces sociétés me proposeraient deux millions de francs CFA (un million de francs CFA = 1 500 euros) ». De nombreux agriculteurs cèdent devant de telles propositions et abandonnent les productions vivrières, selon le syndicaliste paysan. Mais la majorité des propriétaires actuels font cultiver leurs terres par des métayers et sont prêts à confier leurs terres aux firmes étrangères.