Au-delà des négociations sur le bilan de santé, la présidence française espère obtenir l’adoption, lors du Conseil agricole du 28 novembre prochain, de conclusions plus générales des Vingt-sept sur l’avenir de la politique agricole commune. Une première version du texte, jugée très « française » par plusieurs pays dont le Royaume-Uni, la Suède et les Pays-Bas, a été discutée par les experts agricoles des Etats membres, le 17 novembre. L’Allemagne doute, quant à elle, qu’un texte consensuel puisse être trouvé d’ici à la fin du mois.
Comme aime le rappeler le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, le secteur agricole est un « actif stratégique », indique le projet de conclusions préparé par la présidence de l’UE sur l’avenir de la politique agricole commune. Ce texte, dont l’adoption est prévue le 28 novembre prochain, insiste sur les « nouveaux défis » auxquels devra faire face le monde agricole dans les prochaines années : instabilité des prix avec des cours vraisemblablement plus élevés que durant les décennies passées, exigences environnementales croissantes et risques sanitaires nouveaux, distorsions de concurrence avec les pays tiers en raison des normes communautaires élevées.
Nécessaires ajustements
« Il est nécessaire que l’Union européenne continue de disposer après 2013 d’une politique agricole commune suffisamment ambitieuse », est-il écrit. « Les principes initiaux de la Pac : solidarité financière, unicité du marché, préférence communautaire, et les objectifs figurant dans le Traité de Rome : productivité, sécurité des approvisionnements, stabilisation des marchés, revenus des agriculteurs, prix raisonnables pour les consommateurs, gardent toute leur pertinence », précise la présidence française qui va vraisemblablement devoir ajuster cette formule pour décrocher de véritables orientations du Conseil pour l’après-2013.
Dans une « perspective plus large », Paris propose enfin aux ministres européens de l’agriculture de poser comme principe que la future Pac doit permettre :
– « d’assurer la sécurité alimentaire de l’Union européenne, en quantité et en qualité ;
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
– de contribuer aux équilibres alimentaires globaux, dans un monde où il faudra doubler la production agricole pour nourrir 9 milliards d’habitants en 2050 ;
– de préserver les équilibres des espaces ruraux pour y maintenir une cohésion territoriale et une localisation de l’activité et des emplois ;
– de participer à la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de l’environnement, pour construire une agriculture qui concilie performance économique et efficacité écologique. »