Pour Michel Prugue, président de Coop de France, le projet de loi Agriculture et alimentation « laisse un sentiment général que, derrière la volonté politique, qui ressemble parfois à un dogme, il y a un texte qui n’est pas forcément applicable sur le terrain ».
Le président de Coop de France illustre ses propos par la séparation vente/conseil sur les phytos. « Les coopératives jouent le rôle de centrales d’achat pour les agriculteurs », explique-t-il. Rôle qui va être cassé car, « à choisir nous garderons le conseil ». « Aujourd’hui nous faisons du conseil qui semble gratuit mais en réalité il est financé par le prix d’achat, explique-t-il. Or, le coût global du conseil est évalué entre 400 000 et 800 000 euros par an. Demain, tout cela risque de conduire à un appauvrissement technique des agriculteurs, faute de moyens pour se payer du conseil. Michel Prugue, qui entend qu’il est « nécessaire de scinder véritablement les équipes de vendeurs avec celles de conseillers », assure que les coopératives sont prêtes à aller plus loin dans cette voie, mais il est opposé à une séparation capitalistique.
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Autre sujet : le statut de la coopération. Michel Prugue ne voit pas l’intérêt de le modifier « alors que les décrets d’application de la loi agricole de 2014 viennent tout juste d’être signés. Laissez-nous les mettre en application avant de légiférer à nouveau ». Le président de Coop de France dit avoir été « secoué » par l’image que véhiculent les coopératives, notamment auprès des parlementaires. « Nous avons pris conscience du décalage qui existe entre notre image en interne et à l’extérieur, souligne-t-il. Nous n’expliquons pas assez comment nous fonctionnons ».
En tout état de cause, Michel Prugue espère que les sujets comme les phytos ou le statut de la coopération ne vont pas conduire à un retard dans l’adoption du texte final car « il est urgent de légiférer sur les relations commerciales ».