Pour la FNSEA, « la méfiance l’emporte sur la confiance ». Dans un communiqué de presse du 23 avril, le syndicat demande que les indices des coûts de production soient rendus obligatoires. La FNSEA salue l’implication des députés qui ont déposé « près de 2 000 amendements » mais considère que le « compte n’y est pas ». Principale difficulté : l’absence de mesures contraignantes obligeant les distributeurs à prendre en compte le coût de production dans la construction des prix. En effet, le gouvernement a opposé la liberté contractuelle aux amendements visant à contraindre l’utilisation d’indicateurs de coûts de production dans le calcul des prix. Pour contourner l’argument, la FNSEA propose que seul le choix de l’indicateur des coûts de production soit obligatoire et non la formule de calcul des prix.
De son côté, la Confédération paysanne exprime, dans un communiqué le 23 avril, son insatisfaction à la lecture du texte qui « en l’état », ne résoudrait pas « l’absence de prix rémunérateurs pour les productions agricoles ». Le syndicat regrette que les propositions d’amendements qu’il portait sur ce thème aient été rejetées. Ces amendements visaient notamment à « mettre en place un arbitrage public des relations commerciales et à définir précisément dans la loi un prix abusivement bas, sur la base des coûts de production ».
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Contactée par Agra Presse, la Coordination rurale regrette, en tout premier lieu, que l’exception agri-culturelle n’est pas été retenue par les députés. En effet, le syndicat « revendique cette mesure depuis longtemps » et y voit une étape clé pour « assurer la souveraineté alimentaire européenne ». La CR est également déçue, que malgré « une petite amélioration », les coûts de production ne soit pas suffisamment pris en compte car le texte actuel ne « garantit pas aux producteurs un prix au minimum au niveau de ces coûts de production ».
Enfin, le Modef dénonce « l’industrialisation de l’agriculture en marche » dans un communiqué du 26 avril. Pour le syndicat, le projet de loi « risque d’être une vraie mascarade au détriment des exploitants familiaux » et favorise « le développement des grosses structures ». Il demande la fixation « de prix planchers rémunérateurs garantis en fonction de l’évolution des coûts de production » et s’oppose à toute forme de « contractualisation écrite obligatoire » soulignant que dans le secteur laitier où cela est obligatoire, le « bilan est essentiellement négatif ».