Les crises ont parfois du bon, du moins quand on prend à bras le corps les problèmes qu’elles révèlent. Ce n’est pas sûr encore concernant la finance internationale, ni la défense de la zone euro, ni hélas la sécurité alimentaire des pays de la faim. Plus près de nous, il semble au contraire qu’on ait pris la mesure de la gravité de la situation agricole. Il y a un an, la question du prix du lait mettait le feu aux campagnes : les solutions provisoires du 3 juin et la création par Bruxelles d’un Groupe de haut niveau ont préparé les esprits à des dispositions plus innovantes : celles qui vont ressortir de la LMA avec l’obligation contractuelle et le rôle assigné à l’interprofession d’éclairer le marché, et par ailleurs un « paquet laitier » promis par le commissaire Ciolos qui ferait peut-être bouger les lignes du droit de la concurrence et conforterait certains outils de régulation. En complément, Bruno Le Maire veut associer les interprofessions à la définition d’un plan de développement de la filière pour la rentrée. Objectif : marier au mieux maintien des territoires et productivité. Un exercice qu’il pourrait dupliquer aussi pour le porc et les fruits et légumes. Par ailleurs, avec Christine Lagarde, il confie au Délégué aux IAA la tâche de repérer les failles croissantes de notre compétitivité relative en Europe. Tous les handicaps qui font perdre à la France des parts de marché, en particulier les écarts de coût en productions animales, seront passés au crible. Des recommandations fortes sont attendues pour l’automne : l’une d’elle, autoriser les camions de 44 tonnes, ne sera même plus à faire, le Chef de l’Etat venant d’en faire lui-même ces jours-ci la promesse !
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