Doté de 133 millions €, le programme de promotion des produits agricoles établi par Bruxelles fait la part belle aux actions ciblées sur les pays tiers. Un appel à propositions sera lancé au plus tard en janvier prochain.
La Commission de Bruxelles a définitivement arrêté le 10 novembre le programme européen de promotion des produits agricoles pour 2017 qui, moyennant un cofinancement du budget de l’UE de 133 millions € contre 111 Mio € en 2016, sera destiné en grande partie à des actions sur les pays tiers, notamment la Chine, le Moyen-Orient, l’Amérique du Nord, l’Asie du Sud-Est et le Japon (1). « On constate qu’une hausse des exportations à l’échelle de l’Union équivalente à 1 milliard € soutient environ 14 000 emplois », a commenté le commissaire européen Phil Hogan, de retour d’Indonésie où il venait de boucler une « offensive diplomatique » en Asie (2).
Un appel à propositions pour bénéficier de ce budget sera lancé au plus tard au mois de janvier prochain. Les projets sélectionnés, d’une durée de trois ans généralement, seront cofinancés par l’UE à hauteur de 70 à 85 %. Un montant supplémentaire de 9,5 Mio € sera par ailleurs utilisé pour les promotions directement gérées par Bruxelles (pavillons de l’Union aux expositions organisées dans des pays tiers, missions à haut niveau, etc.).
Les pays tiers, cible principale
Selon la répartition établie par la Commission, 90 Mio € seront consacrés en 2017 par le budget de l’UE à des programmes simples (proposés par une ou plusieurs organisations d’un même État membre), dont : 22,5 Mio € sur le marché intérieur (12,375 Mio € pour les systèmes de qualité, 10,125 Mio € pour des actions génériques) ; 63 Mio € sur les pays tiers (Chine, Asie du Sud-Est 14,75 Mio €, États-Unis, Canada, Mexique 11,6 Mio €, Afrique, Moyen-Orient 8,45 Mio €, autres régions 11,6 Mio €, produits laitiers, viande de porc 12,6 Mio €, viande bovine 4 Mio €) ; et 4,5 Mio € pour les secteurs confrontés à des crises imprévues.
43 Mio € seront réservés à des programmes multiples (proposés par au moins deux organisations d’au moins deux États membres ou par une ou plusieurs organisations européennes), dont 15,05 Mio € pour faire connaître l’agriculture durable et le rôle de l’agriculture dans l’action climatique sur le marché intérieur, 15,05 Mio € pour l’information sur les systèmes de qualité de l’Union et 12,9 Mio € pour mettre en valeur les spécificités des méthodes agricoles dans l’Union et les caractéristiques des produits agroalimentaires européens.
Le cas de la viande
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Phil Hogan avait précisé le 20 octobre, dans un discours prononcé à Dublin, que, outre les 4 Mio € prévus pour la promotion de la viande bovine européenne dans les pays tiers, l’élevage serait éligible à l’enveloppe de 15,05 Mio € destinée faire connaître l’agriculture durable et le rôle de l’agriculture dans l’action climatique sur le marché intérieur, de l’UE.
Une douzaine d’ONG menées par l’organisation Slow Food (Eurogroup for Animals, Bureau européen de l’environnement, Greenpeace, Amis de la Terre…) ont écrit le 10 novembre au commissaire à l’agriculture pour dénoncer les efforts de promotion en faveur de la viande dans l’UE et dans les pays tiers. Car, selon elles, de telles campagnes vont à l’encontre des objectifs de lutte contre le changement climatique, de protection de l’environnement et d’amélioration du régime alimentaire.
Slow Food propose plutôt, explique son fondateur et président, Carlo Petrini, de promouvoir « une consommation de viande de meilleure qualité, une viande qui a été produite en respectant la philosophie d’un processus bon, propre et juste, récompensant les fermes qui travaillent de façon durable, sont soucieuses du bien-être des animaux et élèvent des races locales ».
(1) Voir n° 3552 du 27/06/16
(2) Voir n° 3569 du 14/11/16