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Élevage Prospective Inra-IFCE: 4 scénarios pour l’avenir pour la filière équine

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Quatre « scénarios du futur » se sont dégagés de l’étude prospective sur l’avenir de la filière équine française à l’horizon 2030, menée par l’Inra et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) et présentée le 2 octobre. Les chercheurs ont relevé des problématiques clefs que les professionnels ne sont pas forcément prêts à entendre, malgré une filière en plein développement.

L’Inra et l’IFCE ont présenté, le 2 octobre, les résultats d’une étude prospective à l’horizon 2030, lors d’une conférence de presse et d’un colloque à Paris. Quatre scénarios apparaissent en fonction de « certains facteurs d’évolution », a indiqué Christine Jez, chef de projet à l’Inra. Se dégage ainsi un cheval intégré « dans un marché de loisirs, porté par une grande diversité d’entreprises » ou bien réservé « à une élite dans une société de fracture sociale et de pressions sur les ressources naturelles ». Le scénario d’un « cheval citoyen utilisé dans l’action publique, lien entre les hommes, les territoires et la nature » a été également imaginé comme celui d’« un cheval compagnon », plus animal de compagnie qu’outil de travail. Au travers de ces scénarios, ressort « une filière où tous les usages du cheval sont en plein développement ».

De plus en plus de chevaux importés

D’un scénario à l’autre, des questions récurrentes reviennent : la nécessité d’une meilleure adéquation entre le cheval et son utilisateur, d’une amélioration de l’efficacité économique de la filière, les risques d’érosion du patrimoine génétique, l’accroissement des réglementations en termes de bien-être animal, la gestion de la fin de vie des chevaux (700€ de frais d’équarrissage) et le développement des enjeux environnementaux , a relaté Philippe Perrier-Cornet, directeur de recherche à l’Inra. Ce dernier a souligné le problème de la non-adéquation entre offre et demande et le nombre de plus en plus élevé de chevaux importés : les importations représentent 10% des achats de chevaux, mais chaque année elles augmentent de 10%. Ainsi, elles atteindront 11%, puis 12%, puis 13%..., a indiqué Philippe de Guénin, directeur général de l’IFCE.

Pouvoir prétendre aux aides du 2e pilier

Avec le désengagement financier de l’État, « c’est une nouvelle configuration de l’action publique qu’il faudra envisager entre un niveau supra-national avec la Pac et un niveau territorial (collectivités locales…) », a-t-il expliqué.
Établir le cheval comme production agricole, à l’image du bovin viande, afin de pouvoir prétendre aux aides du 2e pilier de la Pac, est l’une des revendications politiques fortes de certains professionnels. Au point d’en oublier l’acheteur final qui souhaite, avant tout, un compagnon et du lien. « On ne peut dissocier une société du lien d’une société du bien », a rappelé Sylvie Brunel, géographe et professeur des universités à Paris-Sorbonne, elle-même éleveuse et utilisatrice du cheval de loisir. Un message répété par les auteurs de la prospective mais que les professionnels n’ont pas entendu, puisque, lors de la table ronde, la partie loisir a été évincée.
Armand Frémont, géographe et ancien recteur des académies de Grenoble et de Versailles, avait pourtant lui aussi souligné que « le cheval se moule quasi à la perfection sur une économie et une civilisation de loisir », insistant alors sur la pérennité de ce marché. « Le monde du cheval, c’est comme dans l’humanitaire, chacun sait détenir la vérité et chacun sait mieux que les autres », a lancé Sylvie Brunel.

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